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Mythologie grecque

 
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MessagePosté le: Mer 18 Sep - 09:52 (2013)    Sujet du message: Mythologie grecque Répondre en citant



I: La création du monde
A l’origine, il n’y avait que le chaos. Il s’agissait d’une masse informe, que les textes ne sont jamais parvenus à définir clairement. Puis, de ce chaos, émergea la terre : Gaia. Cette dernière enfanta ensuite un fils, Ouranos, le ciel.
Gaia et Ouranos engendrèrent ensuite une seconde génération cosmique, appelée les Ouranides : les six Titans, les six Titanides, les trois Cent-Bras et les trois cyclopes à l’oeil unique. Ouranos détestait sa progéniture, et les envoya sous terre. Excédée, Gaia prit une serpe, et la tendit à ses enfants en leur demandant de châtrer Ouranos, afin de le punir. Seul le plus jeunes des Titans accepta cette besogne : Chronos. Il châtra alors son père, et du sang qui coula sur terre naquirent les Géants, les trois Erinyes (déesses de la vengeance.) et les Nymphes des frênes. Des parties sexuelles d’Ouranos jetées à la mer naquit Aphrodite. Cette légende nous raconte comment le ciel se sépara brutalement de la terre.

Naissance de Vénus (il s'agit du nom romain d'Aphrodite.), par Alexandre CABANEL, 1863, musée d'Orsay, Paris.
Après avoir chassé son père du pouvoir, Chronos prit sa place. Il épousa alors sa sœur, la Titanide Rhéa, et eut cinq enfants : Hestia, Déméter, Héra, Hadès et Poséidon. Mais Ouranos avait averti Chronos qu’il serait un jour supplanté par un de ses fils. Ce dernier avalait alors ses enfants dès qu’ils venaient au monde.
Frustrée, Rhéa partit se réfugier en Crête, ou elle enfanta d’un enfant, dans une grotte inaccessible. Il s’agissait de Zeus. Puis, elle ramassa une grosse pierre, qu’elle enveloppa de langes, et la tendit à Chronos qui l’avala aussitôt.
Lorsqu’il fut adulte, Zeus obligea son père à régurgiter les enfants qu’il avait avalé. Puis il délivra les frères de son père, les Titans, qui le remercièrent en lui offrant la foudre et le tonnerre. Zeus était dès lors le plus puissants des dieux.
Mais il fallait avant tout soumettre Chronos et les Titans. Le conflit dura pendant dix ans.


Zeus (image du haut) et Poséïdon (image du bas) combattant contre les Titans, représentation figurant sur un vase grec du V° siècle avant Jésus Christ, Petit Palais, Paris.
C’est alors que les jeunes dieux, conseillés par Gaia, allèrent chercher les Cent-Bras (ou Hécatonchires en grec), enfermés sous terre par Ouranos. Ces derniers, baptisés Cottos, Gyès et Briarée, comptaient chacun cent bras et cinquante têtes, et pouvaient cracher du feu. Peu après, les Titans furent vaincus, confinés sous le Tartare, sous la garde des Cent-Bras. Le chef, le Titan Atlas, fut condamné par Zeus à porter la voûte céleste pour l’éternité.
Les écrits divergent sur la suite des évènements, mais convergent sur le fait que Gaia mit en place plusieurs machinations afin de lutter contre la suprématie de Zeus. C'est ainsi qu'éclata la Gigantomachie, affrontement au cours duquel les dieux affrontèrent les Géants.


Scènes de la Gigantomachie (recto en haut et verso en bas), représentation figurant sur une coupe grecque du V° siècle avant Jésus Christ, Altes museum, Berlin.
Une fois son autorité assise sur l’univers, Zeus délivra son père de sa prison souterraine, et le fit roi des Iles des Bienheureux, en extrême Occident.




II: Les Olympiens


Comme nous venons de le voir, en chassant les Titans de la surface de la terre, Zeus établit le règne des Olympiens sur l’univers. Ce dernier, par tirage au sort, partagea l’univers en trois : Hadès reçut les Enfers, Poséidon reçut l’Océan, Zeus reçut le Ciel. Mais la terre et l’Olympe (le lieu de résidence des dieux.) leur appartenait en commun.
Les Olympiens étaient au nombre de douze, et résidaient sur le mont Olympe, d’où leur nom. Se nourrissant de nectar et d’ambroisie (le vin et la nourriture des dieux.), ces divinités se rendaient parfois sur terre, afin de punir, aider ou s’unir à des mortels. Les Olympiens étaient au nombre de douze (six dieux et six déesses.), mais la liste divine évolua au cours des siècles, si bien qu’au final, l’on peut compter quatorze divinités principales. Seules neuf divinités figurent toujours sur la liste : il s’agit de Zeus, Héra, Poséidon, Héphaïstos, Athéna, Arès, Apollon, Artémis, Hermès.
             
            1° Zeus, roi des dieux - comme nous l’avons vu précédemment, Zeus était le dieu du ciel, la plus puissante des divinités de la mythologie grecque. Ses symboles étaient l’aigle et la foudre.

Jupiter de Smyrne, sculpture réalisée vers 150 après Jésus Christ, restaurée au XVII° siècle, musée du Louvre, Paris.
Zeus eut comme première épouse Métis (la Prudence.). Cependant, lorsqu’elle fut enceinte d’Athéna, son époux décida de l’engloutir (Gaia et Ouranos avaient prédit à Zeus qu’il engendrerait un fils, qui deviendrait le roi des hommes et des dieux.). Athéna put cependant sortir du corps de son père, lorsque celui-ci reçut un violent coup de hache sur le front, asséné par le dieu forgeron, Héphaïstos.
Zeus épousa par la suite les Titanes : Thémis, Eurynomé et Mnémosyne, puis finalement, épousa sa sœur Héra.
Mais, bien que marié à cette dernière, Zeus lui fit beaucoup d’infidélité : il est le père de nombreuses divinités (avec Déméter, il donna naissance à Perséphone ; avec Dioné, il eut Aphrodite ; avec Léto, Apollon et Artémis ; avec Sémélé, Dionysos ; etc.) ou de demi dieux (avec Antiope, il eut Amphion et Zéthos[1] ; avec Alcmène, il eut Héraclès ; avec Danaé, Persée ; avec Europe, Rhadamanthe, Minos et Sarpédon ;  etc.).
Le sanctuaire le plus connu consacré à Zeus était situé à Olympie, et il y figurait la statue de Zeus Olympien (il s’agissait de la 3° merveille du monde.). Haute de douze mètres, elle fut sculptée par Phidias au V° siècle avant Jésus Christ. Transférée à Constantinople quelques siècles plus tard, elle fut détruite dans un incendie en 475. 
 
            2° Héra, la déesse aux bras blancs – Héra était la femme de Zeus, que ce dernier avait séduite en se transformant en coucou. Après l’avoir violée, cette dernière décida d’épouser son frère. Pour leurs noces, Gaïa, leur mère, leur offrit un arbre portant des pommes d’or[2].

Junon (l'équivalent romain d'Héra), II° siècle après Jésus Christ, musée du Louvre, Paris.

Très belle, mais aussi très jalouse, Héra n’hésita pas à châtier ses rivales amoureuses ou leur progéniture : elle fit en sorte que Zeus foudroie Sémélé, elle frappa Héraclès de folie, etc. En outre, offensée par Pâris qui lui préféra Aphrodite, elle se fit la farouche adversaire des Troyens.
Héra était la déesse du mariage, protectrice des femmes en couches et des couples.
 
            3° Poséidon, souverain du monde aquatique – Poséidon était le frère de Zeus et de Hadès. Suite à leur lutte contre les Titans, il était devenu le dieu des mers, armé de son attribut principal, le trident.


Poséidon Soter, bronze réalisé vers 575 avant Jésus Christ, musée archéologique d'Athènes.
Poséidon était marié à Amphitrite, qui lui donna trois enfants : Triton, Rhodé et Benthésicymé. Il eut cependant d’autres enfants avec d’autres femmes : avec la nymphe Thoosa, il eut le cyclope Polyphème (qui sera aveuglé par Ulysse et ses compagnons.) ; avec la mortelle Aethra, il engendra Thésée ; et fut aussi, selon certaines légendes, le père des brigands infestant la route de Trézène à Athènes[3].

Triton, représentation figurant sur un vase grec du VI° siècle avant Jésus Christ, Altes museum, Berlin.
Certaines légendes racontent qu’il s’opposa à Athéna concernant la domination sur l’Attique, mais qu’au final, la déesse l’emporta (le roi de l’Attique, Crécops, bâtit alors Athènes en son honneur.). Poséidon passe aussi pour être le dieu qui créa le cheval, et qui permit aux humains de dompter ces animaux.
Les sanctuaires principaux de Poséidon se trouvaient au cap Sounion et à Délos.
 
            4° Héphaïstos, dieu des forgerons – Héphaïstos était le dieu du feu, des forges et des volcans. Il est le fils d’Héra, conçu par parthénogenèse[4]. A sa naissance, voyant que son fils était laid, elle le jeta hors de l’Olympe. Tombant dans la mer, il fut recueilli par des nymphes marines, qui l’élèvèrent sur l’île de Lemnos. Il y construisit sa première forge, puis retourna sur l’Olympe après quelques années.


Vulcain le forgeron (Vulcain est le nom romain d'Hephaïstos), par Johan SCHUCH, vers 1680, Deutsches historisches museum, Berlin.
Les autres dieux de l’Olympe se moquaient sans vergogne d’Héphaïstos. Tout d’abord, celui-ci était laid, contrairement à toutes les autres divinités. En outre, la tradition en faisait un mari trompé, car sa femme, Aphrodite, le trompait avec Arès, dieu de la guerre. Enfin, Héphaïstos était boiteux, car un jour il prit la défense de sa mère, Héra, contre Zeus. Ce dernier le projeta alors dans les airs, et chuta lourdement : cet évènement est à l’origine de sa claudication.  
Les attributs d’Héphaïstos étaient le marteau et l’enclume, deux instruments dont il savait se servir. Il construisit de nombreux objets magiques, comme la première femme, Pandore[5], le trident de Poséidon, les flèches d’Artémis et d’Apollon, les chaînes qui liaient Prométhée à la montagne, la foudre de Zeus, etc.
  
            5° Athéna, déesse de la victoire – Athéna était la fille de Zeus et Métis, comme nous l’avons vu précédemment. Alors marié à Métis, Ouranos le prévint que son fils prendrait sa place et deviendrait roi des hommes et des dieux. Zeus avala alors sa femme, qui lui annonça être enceinte. Quelques mois plus tard, il eut de violent maux de tête, et demanda à Héphaïstos de lui ouvrir le crâne d’un coup de hache : Athéna sortit alors de la tête de son père.

Athéna sortant du crâne de Zeus, entourée de plusieurs divinités, représentation figurant sur un vase grec du VI° siècle avant Jésus Christ, musée du louvre, Paris.
Athéna prit rapidement place aux côtés de son père, sur l’Olympe. Déesse de la guerre et de la sagesse, ses attributs principaux étaient la chouette, l’olivier, le bouclier de Méduse[6], la lance, le casque.

Athéna Mattéi, sculpture réalisée au II° siècle avant ou après Jésus Christ, musée du louvre, Paris.

Déesse de la guerre et de la victoire, elle s’éloigne néanmoins de son homologue masculin, Arès. En effet, Athéna est restée, encore aujourd’hui, le symbole de la civilisation grecque, car elle était aussi déesse de l’intelligence et des beaux arts. Protectrice des artisans et des travailleurs, c’est elle qui révéla aux argonautes comment construire leur navire, l’Argo[7]
Etant une déesse chaste, Athéna n’est pas connue pour avoir eu des aventures avec des dieux ou des mortels.

Minerve dite Alexandre Mazarin, sculpture réalisée au II° siècle après Jésus Christ, restaurée au XVII° siècle, musée du louvre.

Son sanctuaire principal était situé à Athènes.
 
            6° Arès, dieu de la guerre – Arès, divinité de la guerre et de la destruction, était le fils de Zeus et Héra, mais était détesté par de nombreux olympiens.

Arès, bronze réalisé vers le IV° siècle avant Jésus Christ, musée de Gaziantep, Turquie.
Son père n’aimait pas non plus son fils, qu’il jugeait assoiffé de sang (la légende voulait qu’il dorme dans des draps cousus avec la peau de ses ennemis…) ; et Héra n’appréciait pas non plus Arès, car ce dernier avait prit parti en faveur des Troyens.
Arès était dieu de la guerre, tout comme Athéna. Mais là où cette dernière concevait un affrontement en bataille rangée, Arès ne voyait que carnage. Tout deux s’affrontèrent d’ailleurs au cours du siège de Troie. 
Aphrodite était une des rares divinités à apprécier Arès : elle trompa son mari Héphaïstos, pour faire du dieu de la guerre son amant. Mais Hélios dénonça Aphrodite au dieu forgeron, qui prit finalement les deux amants sur le fait[8].

Mars et Vénus (noms romains d'Arès et Aphrodite) ou Les horreurs de la guerre, anonyme, XVII° siècle, Deutsches historisches museum, Berlin.

Les enfants d’Arès les plus connus étaient Diomède (que Héraclès tua au cours de son huitième travail, lui dérobant ses juments mangeuses de chair humaine[9].) ; ainsi que Deimos (ce qui veut dire ‘terreur’.), Phobos (‘panique’.), et Harmonie, deux fils et une fille que le dieu de la guerre conçut avec Aphrodite.
Arès était surtout vénéré par les Spartiates, un des peuples les plus belliqueux de toute la Grèce antique[10].
 

            7° Apollon, dieu de la jeunesse et des arts – Apollon et sa sœur Artémis étaient les enfants de Zeus et de la Titane Léto.


Statue d'Apollon, sculpture réalisée par Guillaume II COUSTOU, 1753, château de Versailles.
Mais la naissance des deux divinités ne se fit pas sans histoires : en effet, alors que l’amante de Zeus était enceinte (le dieu de l'olympe avait alors séduit la jeune femme en se chaneant en cygne.), Héra, jalouse, interdit à toute terre de recevoir Léto. Cette dernière parcourut alors la planète, cherchant un lieu où accoucher : elle se rendit sur l’île de Délos, qui était un morceau de terre flottant entre les cieux et la mer, et échappait ainsi à l’interdiction d’Héra. Mais Léto ne put mettre ses enfants au monde, car l’épouse de Zeus retenait captive Illythie, déesse des accouchements. Finalement, Léto put accoucher, et elle donna naissance à Artémis et Apollon. L’île de Délos devint alors une terre sacrée, où il était interdit de naître et de mourir.
Après sa naissance, Apollon, armé de son arc, quitta l’île de Délos pour l’Hyperborée, une contrée située à l’extrême nord de la planète (il y séjourna un an, mais y revint périodiquement.). Par la suite, il voulut faire de Delphes son sanctuaire, et s’y rendit. Seulement, le lieu était consacré aux divinités chtoniennes[11] : l’on y honorait Gaïa et son fils, le serpent Python. Apollon élimina le serpent, et les prophétesses furent depuis ce jour nommées Pythies.
Après ce meurtre, Apollon se purifia, l’eau effaçant la souillure (d’où sa fonction de divinités des purifications.). Puis, ayant besoin d’un clergé, il décida de se métamorphoser en dauphin, et détourna un bateau crétois qui passait près de l’île. Cette dernière fut alors baptisé Delphes, qui veut dire ‘dauphin’ en grec.  
Les principaux sanctuaires en l’honneur du dieu étaient situés à Délos et à Delphes.
 
            8° Artémis, déesse de la chasse – Artémis, déesse de la chasse, de la lune et des animaux sauvages, était née de Zeus et Léto. Elle naquit sur l’île de Délos, Léto fuyant la colère de Héra, jalouse des infidélités de son mari (nous avons relaté cette aventure dans le point précédent.).
Armée de son arc, Artémis se rendit elle aussi, tout comme son frère, en Hyperborée, et en fit sa résidence principale.

Diane chasseresse (Diane est le nom romain d'Artémis), école de Fontainebleau, XVI° siècle, musée du Louvre, Paris (à noter que les traits de la déesse sont ceux de Diane de Poitiers, maîtresse du roi de France Henri II.).

Elle aida aussi Apollon à de nombreuses reprises, lors du combat contre le Python de Delphes, ou au cours de la guerre de Troie. Ensemble, ils massacrèrent les Niobides, car leur mère, Niobé (l’épouse d’Amphion.), avait insulté Léto.

Niobide mourante, Palazzo massimo, Rome.
Artémis était aussi une déesse chaste, tout comme l’était Athéna. La sœur d’Apollon préférait être entourées de biches plutôt que d’hommes. Elle n’hésita pas à punir ceux qui s’approchèrent d’elle de trop près : le malheureux Actéon, un chasseur, la surprit par hasard, alors qu’elle prenait son bain. La déesse, alors désarmée, le transforma en cerf, et fut dévoré par ses propres chiens de chasse.

Diane et Actéon, par Michel DORIGNY, vers 1630, Petit Palais, Paris (à noter que Diane est le nom que les Romains donnèrent à Artémis.).
De même, elle punit sa suivante, la nymphe Callisto, car cette dernière avait eu des relations avec Zeus et était tombée enceinte (le dieu l’avait séduite en prenant la forme d’Artémis.). Folle de rage, la déesse poursuivit la nymphe, qui fut changée en ours par Zeus, afin de tromper sa poursuivante. Artémis finit cependant par retrouver Callisto, et lui décocha une flèche qui la tua. Zeus recueillit son enfant, Arcas, et transforma la nymphe en la constellation de la Grande Ourse (lorsque le fils de Callisto mourut, bien des années après, certaines légendes disent qu’il fut transformé en la constellation de la Petite Ourse.).
Le principal temple consacré à Artémis était situé à Ephèse, il s’agissait de la 4° merveille du monde. Bâtit entre le VI° et le V° siècle avant Jésus Christ, le temple fut, au fil des années, incendié (en 356 avant Jésus Christ.), pillé (par des Goths, en 262 de notre ère.), puis finalement fermé en 381, comme de nombreux autres édifices païens (conformément à l’édit de Théodose.). Il fut ensuite utilisé comme carrière de pierres taillées.  
 
            9° Hermès, le messager des dieux – Hermès était le fils de Zeus et de Maïa, fille du Titan Atlas. Il était le dieu du commerce, des voyageurs, des voleurs, protecteur des routes, accompagnait les âmes aux Enfers, et était le messager des dieux. Il était aussi la personnification de la ruse et de la fourberie.


Hermès, représentation figurant sur un vase de l'époque archaïque (période allant, en ce qui concerne la Grèce, du IX° au VI° siècle avant Jésus Christ.).
Il inventa la lyre, les raquettes, qui permettent d’effacer ses traces de pas, et trouva comment faire du feu en frottant deux bouts de bois.
Hermès était souvent en compagnie des Charites et des Heures. Les Charites étaient trois sœurs : Euphrosyne (‘allégresse’.), Thalie (‘abondance’.) et Aglaé (‘splendeur’.), des déesses personnifiant la jeunesse et la joie de vivre, éternellement jeunes et belles. Les Heures, quant à elles, étaient aussi au nombre de trois : Eunomie (‘bon ordre’.), Dicé (‘justice’.) et Irène (‘paix.). Elles représentaient les divisions des saisons de l’année (au nombre de trois à l’époque : printemps, été, hiver.).
Mais Hermès eut aussi d’autres aventures féminines et masculines : avec Aphrodite, il engendra Hermaphrodite (une divinité qui deviendra bisexuelle, suite à sa rencontre avec la nymphe salmacis[12].) ; il eut aussi des relations avec Pollux (frère de Castor, ils participèrent tous deux à la quête de la Toison d’Or[13].), mais aussi avec Abdère (l’amant d’Héraclès.).  
Hermès connut lui aussi un certain nombre d’aventures : Zeus avait fait sa maîtresse de Io, une des prêtresses du temple d’Héra à Argos. Cette dernière se rendit compte de la supercherie, et descendit sur terre. S’apercevant de l’arrivée imminente de sa femme, Zeus tenta de tromper son épouse en changeant Io en vache. Cependant, Héra ne fut pas dupe, et demanda alors sournoisement que son mari lui fasse cadeau de l’animal. Io fut par la suite enfermée dans une prison et gardé par Argos[14]. Ce dernier était un géant doté de cent yeux (cinquante étaient fermés à tour de rôle, alors que les cinquante autres étaient ouverts.). Hermès lui raconta une longue histoire, et, quand le géant fut endormi, le dieu lui trancha la tête. Héra, émue, récupéra les yeux d’Argos pour garnir la queue de son oiseau préféré, le paon.
Il vint aussi en aide à Persée à qui il prêta ses sandales ailées[15], et guida Héraclès dans les Enfers, au cours de son douzième travail[16].
 
            Les cinq autres divinités que nous allons étudier à présent, apparaissent par intermittence dans la liste des douze olympiens : Il s’agit d’Hadès, Déméter, Aphrodite, Dionysos et Hestia.     
 
            10° Hadès, dieu des Enfers[17]Fils de Chronos et de Rhéa, Hadès était le frère de Zeus et de Poséidon. Après avoir participé à la lutte contre les Titans (conflit au cours duquel les cyclopes lui confectionneront la kunée, un casque qui rendait son porteur invisible[18].), il reçut la souveraineté sur les Enfers, le séjour des morts.


Hadès et Cerbère, vers 180-190 après Jésus Christ, musée archéologique d'Héraklion, Crète.
Hadès était une divinité discrète, n’apparaissant que dans le cadre d’aventures dans lesquelles sont impliqués d’autres dieux (Orphée, Héraclès[19], etc.).
Outre son épouse Perséphone[20], on ne connaît que peu les conquêtes amoureuses d’Hadès. L’une, Menthé, une nymphe des Enfers, fut piétinée par Perséphone, extrêmement jalouse (Hadès la transforma alors en plante : la menthe.). Une autre nymphe, Leucé, fut aimé par Hadès, mais changée par Perséphone en peuplier blanc. 

L'enlèvement de Proserpine (Proserpine est le nom que les Romains donnèrent à Perséphone), par Pierre Paul RUBENS, vers 1615, Petit Palais, Paris (à noter que ce tableau n'est qu'une ébauche, l'œuvre finale ayant été détruite lors d'un incendie.). 

Cette divinité, souvent représentée accompagnée de la corne d’abondance, de Cerbère ou de la kunée, ne faisait pas l’objet d’un culte très répandu, en Grèce.

Pluton et le chien Cerbère, d'après Michel ANGUIER, XVII° siècle, musée Carnavalet, Paris (à noter que Pluton est le nom que les Romains donnèrent à Hadès.).
 
            11° Déméter, déesse des récoltes – Déméter était elle aussi, tout comme Hadès, issue de Chronos et Rhéa, et donc sœur de Zeus et Poséidon.
Déesse de l’agriculture et des moissons, elle était représentée tenant en main des épis de blé ou une faucille.


Cérès (l'équivalent romain de la déesse Déméter), XVI° siècle, musée du Louvre, Paris.
L’histoire la plus connue concernant Déméter relate l’enlèvement de sa fille Coré par Hadès (nous y reviendrons plus tard.). Mais la déesse eut d’autre aventures, avec des dieux (avec Poséidon, elle engendra Arion, un cheval immortel.), ainsi qu’avec des humains (avec Iasos, elle donna naissance à Ploutos, personnification de la richesse.).
Déméter était une des déesses les plus honorées par les Grecs, car d’elle dépendait le résultat des moissons.
 
            12° Aphrodite, déesse de l’amour – Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, était née de la mer, fécondée par le sexe d’Ouranos, châtré par Chronos.


Statue d'Aphrodite, II° siècle après Jésus Christs, British Museum, Londres (à noter que cette oeuvre romaine est vraisemblablement une copie d'une statue grecque plus ancienne, datant peut être du II° siècle avant Jésus Christ.).
Mariée au dieu forgeron Héphaïstos, elle le trompa cependant à plusieurs reprises : avec Arès, elle conçut Démos, Phobos et Harmonie ; avec Hermès, elle eut Hermaphrodite ; avec Dionysos, elle eut Priape (ce dernier était un dieu doté d’un sexe d’une taille monstrueuse.).

Lampe à huile priapique, vers I°-III° siècle après Jésus Christ, Altes museum, Berlin.
Mais Aphrodite, bien que déesse de l’amour, pouvait aussi se présenter aussi impitoyable qu’Héra : elle punit Hippolyte, fils de Thésée, car il ne vouait de culte qu’à Artémis, en provocant la passion de Phèdre[21] ; à cause d’elle, Pasiphaé, épouse du roi de Crète, tomba amoureuse d’un taureau[22] ; elle affligea les femmes de l’île de Lemnos d’une odeur insoutenable[23].
Aphrodite était aussi à l’origine de la guerre de Troie : lors du mariage de Pélée et de la nymphe Thétis, Eris, déesse de la discorde, ne fut pas invitée. Elle vint cependant jeter une pomme d’or au milieu des participants, sur laquelle était portée l’inscription « A la plus belle. » Le Troyen Pâris dut alors désigner quelle était la plus belle des déesses présentes lors de la cérémonie : Héra, Athéna ou Aphrodite ? Cette dernière lui promit l’amour d’Hélène de Sparte, femme du roi Ménélas, et Pâris lui remit alors la pomme… avec toutes les conséquences que cela entraîna.
 
            13° Dionysos, dieu du vin et de l’ivresse - Dionysos était né des amours entre Zeus et Sémélé. Mais Héra, jalouse des infidélités de son mari, prit les traits de Béroé, nourrice de la jeune mortelle, et lui conseilla de demander à Zeus de se montrer dans toute sa gloire. Lorsque Sémélé demanda cette faveur à son amant, ce dernier obéit, se présentant à elle avec sa foudre et ses éclairs. Mais un mortel ne pouvait survivre à une telle vision, et Héra le savait : Sémélé mourut sur le coup. Zeus s’empara alors de l’enfant que la jeune femme portait, et le plaça dans sa cuisse.


La naissance de Dionysos, représentation figurant sur un vase grec du V° siècle avant Jésus Christ.
Pour éviter qu’il ne subisse la colère d’Héra, Zeus confia son fils à Ino, sœur de Sémélé. Cependant, la femme de Zeus la frappa de folie, elle et Athamas, le mari de cette dernière. Ils tuèrent leurs enfants, puis se jetèrent à l’eau où ils furent transformés en divinités marines.
Dionysos fut ensuite transformé en chevreau et confié à des nymphes.
Puis, alors que le culte de Dionysos se mit en place, le dieu eut à affronter les moqueries de certains sceptiques. Penthée, roi de Thèbes, se cacha au sommet d’un arbre afin de voir les ménades, les suivantes de Dionysos.

Dionysos, satires et ménades, représentation figurant sur un vase grec du IV° siècle avant Jésus Christ, musée du Louvre, Paris.

Mais celui-ci fut découvert par ces femmes, alors en pleine extase : le malheureux fut mis en morceaux par sa propre mère et ses tantes (le délire des ménades, à l’époque antique, n'était pas seulement dû à l’alcool qu’elles ingurgitaient. Ces femmes ajoutaient aussi du lierre et des champignons hallucinogènes à leurs boissons.).

Ménade, statue romaine du II° siècle après Jésus Christ (il s'agit peut être de la copie d'une œuvre grecque aujourd'hui perdue, datant du III° siècle avant Jésus Christ.), musée du Louvre, Paris.
Par la suite, désireux d’aller voir sa mère aux Enfers, Dionysos rencontra un homme pouvant l’aider : le vieux Prosymnos. Ce dernier accepta d’aider le jeune dieu, si celui-ci, à son retour, lui accordait ses faveurs. Après avoir tiré Sémélé du monde souterrain (il l’emmena sur l’Olympe, faisant d’elle une immortelle.), Dionysos revint sur terre, mais Prosymnos était mort. Le dieu décida d’honorer malgré tout sa promesse : il tailla un morceau de bois en forme de phallus, et s’acquitta de sa dette sur la tombe du défunt… 
Dionysos était le dieu du vin, de l’ivresse, et son culte (les dionysies.) a donné naissance au théâtre. Les adeptes du dieu organisaient des cultes entre initiés : les cultes à mystères. Se déroulant souvent la nuit, dans des lieux isolés, ces cérémonies comportaient sacrifices, délires dus à l’alcool et aux drogues, frénésie sexuelle, etc. Ces cultes furent réglementés voire interdits par la suite.

Bacchus (l'équivalent romain de Dionysos), II° siècle après Jésus Christ (restauration du XVII° siècle), musée du Louvre, Paris.
Les temples consacrés à Dionysos étaient, à l’époque de la Grèce antique, extrêmement nombreux.
 
            14° Hestia, déesse du foyer – Hestia, bien qu’elle soit la fille aînée de Chronos et Rhéa, et donc de sœur de Zeus, Hadès et Poséidon, est bien moins connue que ces derniers.

Hestia, représentation figurant sur un vase de l'époque archaïque (période allant, en ce qui concerne la Grèce, du IX° au VI° siècle avant Jésus Christ.).
Déesse du foyer, protectrice des villes et des colonies, elle fut la seule, parmi les Olympiens, à ne jamais prendre part à un conflit.
Elle était aussi, à l’instar d’Artémis et d’Athéna, une déesse chaste. 
 
Il existait aussi de nombreuses autres divinité de moindre importance, ne figurant pas au Panthéon, comme Asclépios, le dieu médecin ; Eros, une autre divinité de l’amour, etc.




III: La naissance de l'humanité



1° Mythes de la création des hommes - Deux légendes nous racontent la création des hommes. L’une date du IV° siècle après Jésus Christ, voulant que les humains fussent crées par le Titan Prométhée avec de la glaise. L’autre est beaucoup plus ancienne :
Il y aurait eu, depuis le commencement, cinq races d’hommes. La première fut la race d’or, exclusivement masculine, vivant auprès des dieux. Ils ne travaillaient pas, le sol leur offrant ce dont ils avaient besoin. Il ne vieillissaient pas, ne tombaient jamais malades, et leur vie était faite de festivités de toutes sortes. Cet âge d’or prit fin avec la chute de Chronos.

Vue sur l'âge d'or de la Grèce, par Karl SCHINKEL, 1836, Alte Nationalgalerie, Berlin.
La race d’or fut ensuite recouverte de terre par les dieux, créant ainsi les hommes de l’âge d’argent. Ces derniers ne voulaient pas faire de sacrifices aux dieux, et menaient un vie pécheresse. Zeus décida alors d’anéantir cette race d’argent.
Il créa à la place la race de bronze, composée d’hommes violents, des guerriers qui s’entretuèrent jusqu’à ce que la terre soit dépeuplée.
Zeus décida donc de la remplacer par la race des héros, qui s’illustra au cours de la guerre de Troie. Quand ces héros mourraient, ils étaient alors placés sur l’Île des Bienheureux, sur laquelle régnait Chronos.
Lorsque les héros disparurent, ils furent remplacés par une dernière race, la race de fer. Les Grecs de l’Antiquité pensaient en faire partie.
 
            2° Prométhée et le sacrifice aux dieux – Comme nous vu précédemment, à l’origine, les dieux et les hommes vivaient ensemble. Puis, un jour, ils décidèrent de se séparer à Mékoné. Les humains offrirent alors le premier sacrifice aux dieux, et qui fixa définitivement leurs rapports avec les divinités.
C’est alors que Prométhée intervint : il sacrifia un bœuf et le partagea en deux parts. Mais, comme il voulait avantager les hommes et tromper Zeus, il recouvrit les os d’une couche de graisse, et couvrit les parties comestibles de l’animal avec l’estomac. Attiré par la graisse, Zeus tomba dans le panneau, et choisit de prendre les os. Il laissa donc aux hommes la chair et les entrailles.
C’est pourquoi les Grecs de l’Antiquité brûlaient des os en offrande aux dieux.  
 
            3° Prométhée et le secret du feu – Ce partage impliquait pour les humains l’adoption du régime carnivore, et l’abandon du régime végétarien (alors pratiqué au cours de l’âge d’or.).
Zeus fut irrité contre les humains, et leur retira le secret du feu. Mais, pris de pitié, Prométhée décida de le leur rendre, ce qui provoqua la fureur de Zeus. Il s’empara du Titan, et l’enchaîna à un rocher. Chaque jour, un aigle venait se repaître de son foie, qui se reformait au cours de la nuit. Et chaque matin, l’aigle revenait, et dévorait son foie à nouveau. Ce châtiment pouvait durer pour l’éternité.

Prométhée enchaîné, par Nicolas Sébastien ADAM, 1762, musée du Louvre, Paris.
C’est Héraclès, fils de Zeus, qui délivra Prométhée, au cours de ses douze travaux.
 
            Zeus, afin de compléter sa vengeance, envoya une femme sur terre, fabriquée par Héphaïstos. Cette dernière, Pandore, reçut une cassette de la part de Zeus, que ce dernier lui interdit d’ouvrir. Puis il envoya sa créature parmi les hommes (Rappelons que la race d’or était exclusivement masculine.).
Mais la curiosité de Pandore était trop forte, et elle ne sut résister à la tentation. Elle ouvrit alors la boîte, de laquelle s’échappèrent tous les maux de la terre. Certains auteurs grecs de l'Antiquité, particulièrement mysogines, affirmèrent que l’arrivée de la femme sur terre constitua un véritable fléau pour l’humanité…






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MessagePosté le: Mer 18 Sep - 09:52 (2013)    Sujet du message: Publicité

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