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Mythologie grecque

 
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MessagePosté le: Mer 18 Sep - 10:02 (2013)    Sujet du message: Mythologie grecque Répondre en citant

I: Homère

  1° Homère, une personnalité plus légendaire qu’historique – En tout état de cause, il nous est aujourd’hui impossible d’affirmer qu’Homère ait réellement existé ou pas. Ce dernier aurait été un aède (c’est ainsi que l’on nommait les poètes grecs de l’Antiquité.), originaire de Chios, vivant au VIII° siècle avant Jésus Christ. L’auteur de l’Iliade et de l’Odyssée était représenté par la tradition comme un vieil homme aveugle, voyageant de ville en ville, déclamant ses vers.


Homère, par Philippe Laurent ROLAND, 1812, musée du Louvre.
 
Au cours de l’Antiquité, en Grèce d’abord, puis à Rome ensuite, l’Iliade était appris par cœur par tous les écoliers ; les œuvres d’Homère étaient à la base du système scolaire de cette époque.
Les anciens lui ont aussi attribué diverses œuvres : les Hymnes homériques (un recueil de 33 odes en l’honneur de divinités comme Aphrodite, Arès, etc.), les Epigrammes (un recueil de 18 poèmes.) ; ainsi que deux poèmes burlesques : la Batrachomyomachie (une parodie de la guerre de Troie, relatant la lutte entre des grenouilles et des souris.) et le Margitès (une poésie dans laquelle l’auteur se moque de la stupidité d’un individu nommé Margitès.).
 
2° Homère, père de l’Iliade et de l’Odyssée ? – L’existence énigmatique d’Homère fut entourée de mystères dès le VI° siècle avant Jésus Christ, à partir de là, comment différencier ici le vrai et le faux, l’histoire et le mythe ? Depuis des siècles, l’on a cherché à savoir si Homère avait existé, et s’il était l’unique auteur de l’Iliade et de l’Odyssée.
Premièrement, la question de l’existence réelle d’Homère est sujette à controverses. L’homme a il réellement existé, ou bien n’est il que la personnification d’un ou de plusieurs auteurs ? En ce qui concerne la vie d’Homère, nous sommes aujourd’hui confronté à bien des hypothèses, sans trop pouvoir privilégier l’une ou l’autre.
En ce qui concerne l’Iliade et de l’Odyssée, ici aussi, deux thèses s’affrontent : d’un côté, les unitaristes insistent sur les similitudes de styles entre les deux œuvres. Selon eux, l’Iliade et l’Odyssée auraient été écrites à plusieurs années d’intervalle, d’où les différences entre les deux poèmes.
Les analystes, quant à eux, soulignent les incohérences du texte (par exemple, le troyen Pylémène se fait tuer par Ménélas au chant V, puis revient au chant XIII chercher le cadavre de son fils ; au chant XI, Achille attend une ambassade qu'il vient juste de renvoyer.), insistant aussi sur le fait que les deux récits mêlent deux dialectes différents (le ionien et l’éolien.), et que l’on y rencontre des tournures datant d’époques diverses. Les analystes cherchent à différencier l’écrit original d’Homère des ajouts postérieurs.
Au final, l’on estime que l’Iliade aurait été composée vers le VIII° siècle avant Jésus Christ, et que l’Odyssée aurait été rédigée plus tard, par une ou plusieurs autres personnes, vers le VII° siècle.
La science a aussi fait mentir la tradition en enlevant à Homère la paternité des œuvres comme les Hymnes homériques (l’on s’est aperçu que ces poèmes dataient d'époques différentes.), les Epigrammes, la Batrachomyomachie et le Margitès.
 
            3° L’Iliade et l’Odyssée, entre tradition orale et tradition écrite – Pendant longtemps, près de 200 ans, les poèmes d’Homère se transmirent par voie orale (d’où la forme si particulière des deux récits, censée faciliter le travail de mémorisation des aèdes.).
Au VI° avant Jésus Christ, le tyran Pisistrate prit le pouvoir à Athènes, mettant fin au pouvoir oligarchique[1] qui régnait sur la ville. Puis, il inaugura par la suite une bibliothèque dans sa ville. Il ordonna alors que tout aède de visite à Athènes récite ce qu’il connaissait d’Homère, afin que les scribes athéniens puissent en enregistrer chaque version. C’est ainsi que naquirent l’Iliade et l’Odyssée.
Plusieurs siècles plus tard, au IV° siècle avant Jésus Christ, Zénodote, le premier bibliothécaire de la bibliothèque d’Alexandrie, décida assisté de retravailler l’œuvre d’Homère. Assisté des grammairiens alexandrins, ils tentèrent de faire le distinguo entre les écrits d’Homère et les ajouts postérieurs. Le travail de Zénodote fut poursuivi ensuite par son disciple, Aristarque de Samothrace. Leurs intentions étaient sans doute louables, mais l’opération fut mal vue par de nombreux auteurs de l’époque, indignés que l’on puisse remettre en question l’intégrité de l’Iliade et l’Odyssée.
Mais les papyrus utilisés alors ne nous sont pas parvenus, ou bien seulement de courts fragments. Nous ne connaissons les deux œuvres que grâce aux copies qui furent faites au III° siècle après Jésus Christ, sur des codex romains[2]. Au XII° siècle, le byzantin Eustathe de Thessalonique compila les commentaires alexandrins, et ne retint que 80 corrections sur les 874 alors établies par Aristarque de Samothrace. C’est en 1488, à Florence, que ces deux œuvres furent imprimées pour la première fois.

L'Illiade, papyrus grec du I° siècle avant Jésus Christ, Neues museum, Berlin.
 
            4° L’Iliade et l’Odyssée, entre mythe et histoire – Pendant longtemps, l’on a cru qu’Homère décrivait des évènements ayant réellement eu lieu. Au XIX° siècle, c’est pour étayer cette croyance qu’Heinrich Schliemann partit faire des fouilles en Asie mineure. Il découvrit alors les ruines d’une ville appelée Troie, puis découvrit aussi les ruines de Mycènes. Avec ses hommes, ils mirent à jour de nombreux objets précieux. Il appelèrent cette découverte le trésor de Priam (ils avaient cependant trouvé ceci dans une Troie bien antérieure à celle de la légende.).

Masque dit d'Agamemnon, XVI° siècle avant Jésus Christ, musée archéologique d'Athènes.

 
L’archéologue s’imaginait avoir trouvé la ville du récit d’Homère. Aujourd'hui, les archéologues ont bien confirmé qu'il s'agit de Troie, mais à elle connu cette fameuse bataille, relatée dans l'Iliade? Aujourd'hui, certains historiens en doutent.
 
 
Il est évident que le mythe a prit une grande place dans les œuvres d’Homère. Mais l’Iliade n’est elle qu’une histoire issue de l’imagination fertile d’un Grec du VIII° siècle avant Jésus Christ, ou bien est elle basée sur des faits réels ?
Plusieurs théories s’affrontent à nouveau à ce sujet. Selon certains, la guerre de Troie aurait eu lieu au milieu du XIII° siècle avant Jésus Christ ; soit au cours de la période des siècles obscurs, entre le X° et le IX° siècle avant Jésus Christ, suite à l’effondrement de la civilisation mycénienne ; etc.
Cependant, le fait qu’Homère évoque la présence du fer dans ces récits alors que les évènements se déroulent en plein âge du bronze ; que l’auteur nous décrive le fonctionnement d’une phalange[3] ; tous ces anachronismes entraînent certains à penser que les faits décrits par Homère n’existèrent que dans son esprit.
D’autres, au contraire, prennent l’exemple du mythe d’Arthur ou de la légende de Roland de Roncevaux : ces deux récits furent évidemment transformés par les poètes du Moyen-âge, mais il n’en reste pas moins basés sur une histoire vraie : Roland à réellement existé, même s’il est aujourd’hui avéré qu’il ne pouvait pas trancher en deux un infidèle et sa monture d’un seul coup d’épée. Il en serait donc de même du récit d’Homère, qui, bien que parfois incohérent, pourrait être basé sur une histoire réelle. 


II: L'Iliade

  1° Avant propos – L’Iliade, attribuée au poète grec Homère, fut rédigée au VIII° siècle avant Jésus Christ. Cette œuvre est composée de 15 337 vers, et fut divisée en 24 chants (correspondant aux 24 lettres de l’alphabet grec.) au cours de la période hellénistique (IV° à I° siècle avant Jésus Christ.). ‘Iliade’ vient du mot ‘Ilion’, qui signifie ‘Troie’, en grec.
En fait, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’Iliade ne porte que sur un court épisode du conflit, dans la dixième année de la guerre de Troie : la colère du héros Achille, courroucé par le fait que le roi Agamemnon lui ait dérobé Briséis, sa captive. Le récit insiste sur le fait que la présence d’Achille est indispensable à la victoire des Grecs. Après s’être éloigné du champ de bataille pendant un temps, il revient pour venger la mort de son ami Patrocle (ce dernier, ayant revêtu l’armure d’Achille, était mort au combat.). Achille tue alors l’assassin de Patrocle, le Troyen Hector, et le récit s’achève avec les funérailles de ce dernier. La prise de Troie et le célèbre épisode du cheval ne sont racontés que dans l’Odyssée.
L’Iliade est un hommage à la gloire qu’un guerrier peut obtenir sur le champ de bataille. Achille préfère s'embraser plutôt que se consumer lentement, comme le dit le proverbe. Il préfère vivre dans l’honneur et triompher au combat, plutôt que vivre une longue mais morne existence[1]. Mais Achille ne combat pas pour son roi ou pour sa cité, il combat pour sa gloire personnelle. Suite à l’enlèvement de Briséis par Agamemnon, il ne reprend pas les armes pour aider les Grecs, mais seulement pour venger Patrocle.  
En ce qui concerne le récit de l’Iliade dont je vous fais part ci-dessous, plutôt que de me conformer au texte antique, j’ai préféré m’en éloigner, et au contraire relater l’ensemble de l’histoire, en partant des origines les plus lointaines du conflit.
 
            2° La malédiction des Atrides, Pélops – L’histoire commence lorsque Tantale, fils de Zeus, invita un jour les dieux à dîner chez lui. Désireux de tester l’omniscience de ces derniers, Tantale tua Pélops, son jeune fils, et leur servit ses restes à manger. Les dieux, horrifiés en découvrant la supercherie, décidèrent de punir Tantale, l’enfermant au Tartare[2]. Par la suite, Zeus décida de ressusciter l’enfant (mais il fut affublé d’une épaule d’ivoire, car la déesse Déméter avait mangé le membre de Pélops sans ce douter de rien.).
Après avoir eut une aventure avec le dieu Poséidon, Pélops, devenu adulte, se rendit à Pise, en Elide. C’est alors qu’il tomba amoureux d’Hippodamie, la fille d’Oenomaos, le roi de la cité. Cependant, ce dernier avait pour habitude de défier les prétendants de sa fille au cours d’une course de char, et tuait toujours les perdants.
Pélops décida alors de mettre toutes les chances de son côté. Il soudoya tout d’abord Myrtilos, l’écuyer du roi, le payant pour qu’il dévisse un boulon du char d’Oenomaos. En outre, Pélops reçut l’aide de son amant Poséidon, qui lui prêta ses chevaux ailés. Ainsi, le jeune homme remporta la course.


Pélops et Hippodamie, représentation figurant sur un vase grec du V° siècle avant Jésus Christ.
 
Par la suite, Pélops noya Myrtilos pour éviter de payer ce qu’il lui devait (à savoir la moitié du royaume d’Oenomaos et une nuit avec Hippodamie.). Lorsque Myrtilos expira, le dieu Hermès, outré par ce crime, décida de maudire Pélops et ses descendants. Ainsi commença la malédiction qui frappa les Atrides (les descendants d’Atrée, fils de Pélops.).
Hippodamie eut alors beaucoup d’enfants (outre Atrée.), dont les plus connus étaient Thyeste, Coprée (héraut d’Eurysthée[3].), Eurydice (mère d’Alcmène[4].), Nicippe, etc.
Pélops eut aussi un autre fils avec la nymphe Astyoché : Chrysippos. Ce dernier fut par la suite enlevé par Laïos, le père d’Œdipe, pris de passion pour le jeune homme. Peu après, Hippodamie envoya ses enfants, dont Atrée et Thyeste, tuer leur demi-frère (au contraire, selon certains récits, Chrysippos, honteux de cette liaison, se serait suicidé[5].). Pélops maudit alors ses enfants pour leur crime, et les bannit de son royaume. Ils se réfugièrent alors à Mycènes, en Argolide.
 
            3° La malédiction des Atrides, Atrée –Atrée et Thyeste vivaient alors à Mycènes, auprès du roi Electryon (un fils de Persée.). Le frère du roi, Sthénélos, était leur beau-frère, car il avait épousé Nicippe, leur soeur. Il leur fut alors confié le gouvernement de Midée.
Peu après, Atrée épousa une jeune femme qu’il avait acheté comme esclave : Aéropé, la fille du roi de Crète, Catrée. Par la suite, elle donna naissance à deux enfants : Agamemnon et Ménélas.
Plusieurs années après leur fuite de Pise, leur nièce Alcmène tomba enceinte d’Héraclès. Zeus, qui était le père du bébé, proclama qu’un enfant issu d’une mortelle allait naître, et qu’il régnerait sur ceux qui habiteraient autour de lui. Mais à cette époque, Alcmène n’était pas la seule à être enceinte : Nicippe, la femme de Sthénélos, était elle aussi sur le point d’accoucher d’Eurysthée. En outre, Amphitryon (le mari d’Alcmène.) tua alors accidentellement Electryon (le père d’Alcmène.), et Sthénélos prit le pouvoir. Pour finir, Héra, jalouse de la relation entre Zeus et Alcmène, fit en sorte de retarder l’accouchement de cette dernière. Héraclès naquit donc après Eurysthée, et ce dernier reçut alors le trône de Mycènes.
Bien des années après, lorsque Héraclès fut adulte, il fut frappé de folie par Héra, et tua ses propres enfants. L’Oracle de Delphes l’envoya alors purger une peine de douze ans en Argolide, sous les ordres du roi Eurysthée. Mais ce dernier détestait Héraclès : ils avaient le même âge, mais l’un était faible et fils d’un mortel ; l’autre était fort et fils de Zeus. Eurysthée demanda alors à Héraclès d’accomplir ses douze travaux, tous plus dangereux les uns que les autres (le roi espérait voir ainsi mourir son rival.)[6].
Lorsque Héraclès mourut, la vengeance d’Eurysthée frappa aussi les Héraclides (les enfants d’Héraclès.), qui se réfugièrent à Athènes, auprès du roi Démophon, fils de Thésée. Eurysthée décida alors de livrer bataille, mais il fut vaincu par Démophon (il mourut peu de temps après, peut être des mains d’un des fils d’Héraclès.).
A cette même époque, Atrée fit le vœu de sacrifier à Artémis le plus bel agneau de son troupeau. Mais, alors qu’il recherchait l’animal le plus digne d’être sacrifié, il trouva un agneau doré (que la déesse avait placé là afin d’éprouver Atrée.). Atrée refusa de sacrifier l’animal, le tua, et enferma cette toison d’or dans un coffre. Cependant, Aéropé, l’épouse d’Atrée, avait une liaison avec Thyeste, et décida de lui offrir la peau de l’agneau doré.
 En ce temps là, Eurysthée était mort, et Mycènes n’avait plus de roi. Les habitants de la cité décidèrent alors d’aller consulter l’Oracle de Delphes. Ce dernier leur déclara qu’ils devaient choisir un des deux souverains de Midée. Comme l’on ne savait pas qui choisir entre Atrée et Thyeste, ce dernier décida de ruser : il rencontra son frère, et lui proposa le marché suivant : serait seul roi de la cité celui qui serait en possession d’une toison d’or. Atrée, qui s’imaginait avoir cette peau en sa possession, accepta le marché. Cependant, comme Aeropé avait donné la toison à Thyeste, ce dernier la montra à son frère, et fut donc déclaré roi.
Cependant, Zeus désapprouvait l’adultère d’Aeropé, et le dieu envoya alors Hermès auprès d’Atrée, afin qu’il prenne sa revanche sur son frère. Sur les conseils du messager des dieux, Atrée rencontra son frère Thyeste, et lui proposa un nouveau marché : il le reconnaîtrait ad hoc comme roi de Mycènes, à moins que le soleil n’inverse sa course dans le ciel. Thyeste, qui pensait que son frère était devenu fou, accepta sa proposition. Seulement, l’improbable se produisit, et le roi dut abandonner son trône. Atrée décida alors de bannir son frère.
Mais lorsque Atrée découvrit l’adultère d’Aeropé et Thyeste, il décida de se venger. Faisant mine d’oublier le passé, il invita son frère à un banquet. Atrée, qui avait tué les trois fils de Thyeste, servit leurs restes à leur père, excepté les pieds et les mains. A la fin du dîner, il montra les membres coupés à son frère, et l’exila à nouveau.
Thyeste maudit alors son frère, et décida de se venger. Il rencontra l’Oracle de Delphes, et lui demanda que faire. C’est alors que se dernier lui révéla que l’enfant qu’il aurait avec sa propre fille, Pélopia, tuerait Atrée. Ce dernier, sans se faire reconnaître, viola alors sa fille, qui parvint à s’emparer de l’épée de son agresseur. 
Par la suite de la malédiction lancée par Thyeste, l’Argolide fut frappée de famine, et Atrée se rendit auprès de l’Oracle de Delphes afin de trouver une solution à ce problème. Ce dernier lui déclara qu’il devait faire revenir son frère Thyeste à Mycènes. Parti à la recherche de son frère, Atrée s’arrêta à la cour de Thesprotos, roi d’Epire, où il rencontra Pélopia. Il tomba amoureux d’elle, bien qu’enceinte, et voulu l’épouser. Le roi, qui faisait passer Pélopia pour sa fille, accepta la requête d’Atrée, mais ne lui révéla pas l’identité de la jeune fille. Par la suite, elle abandonna son bébé, Egisthe, lorsque celui-ci vint au monde. Mais Atrée retrouva l’enfant et décida de l’élever à la cour.
Par la suite, Atrée demanda à ses fils, Agamemnon et Ménélas, d’aller consulter l’Oracle de Delphes, afin de savoir où se trouvait Thyeste. Mais ce dernier, qui souhaitait toujours se venger de son frère, vint au même moment consulter l’Oracle. Agamemnon et Ménélas, trouvant là leur oncle, l’enlevèrent et le ramenèrent à Mycènes. Thyeste fut alors jeté en prison. Atrée demanda alors à Egisthe, devenu adulte, d’aller égorger le captif. Le roi donna aussi au jeune homme l’épée que Pélopia avait prise à son agresseur lors de son viol. Lorsque Thyeste aperçut l’épée, il demanda à Egisthe comment il se l’était procuré, et ce dernier répondit qu’elle appartenait à sa mère. Thyeste demanda alors de voir Pélopia, et lui révéla qu’il était l’homme qui l’avait violé, donc le père et le grand père d’Egisthe. Cette dernière, honteuse de cet inceste, se transperça avec l’épée de Thyeste. C’est alors qu’Egisthe, refusant de tuer son père, rapporta l’épée ensanglantée à Atrée, lui affirmant que Thyeste était mort.
Le roi de Mycènes prépara alors un sacrifice aux dieux, afin de les remercier de la mort de son frère. Mais c’est alors qu’Atrée fut tué près du sanctuaire par Egisthe, vengeant ainsi son père.
Thyeste et Egisthe prenant alors le pouvoir en Argolide, Agamemnon et Ménélas furent contraints à l’exil.  
 
            4° Le serment de Tyndare – Agamemnon et Ménélas se réfugièrent alors auprès du roi de Sparte, Tyndare.
Bien des années auparavant, Léda, l’épouse du roi, fut séduite par Zeus, qui avait choisi de se changer en cygne pour approcher la jeune femme.


Léda et le cygne, sculpture réalisée par Jean THIERRY, XVIII° siècle, musée du Louvre.

 
Cette dernière accoucha ensuite de deux œufs, l’un contenant les enfants de Zeus (Pollux et Hélène.), l’autre contenant les enfants de Tyndare (Castor et Clytemnestre.). Castor et Pollux participèrent entre autres à l’expédition de Jason en Colchide[7], et furent les précepteurs d’Héraclès.
Quand Hélène devint adulte, son père chercha des prétendants pour la marier. Seulement, étant fille de Zeus, la jeune femme était d’une beauté à nulle autre pareille, et de nombreux guerriers se rendirent à Sparte afin de tenter de la conquérir : Ulysse, les deux Ajax, Antiloque, Diomède, Ménélas, Patrocle, Philoctète, etc. Tyndare craignait que ces rivalités n’entraînent une guerre, et Ulysse, roi d’Ithaque, qui se trouvait là, vint lui faire part de son stratagème : quel que soit l’homme qui serait choisi, tous les prétendants devaient promettre de lui venir en aide si son épouse lui était enlevée. Tous les hommes présents prêtèrent ce qui fut appelé le serment de Tyndare, juchés sur la peau d’un cheval sacrifié. Ce fut alors Ménélas qui fut choisi (les légendes divergent à ce propos : soit Hélène décida de choisir le plus beau de ses prétendants, soit c’est son père qui décida de choisir le plus riche.). Hélène accoucha plus tard d’une fille, Hermione. Par la suite, Agamemnon épousa Clytemnestre[8], l’autre fille de Tyndare. Ensemble, ils eurent un fils, Oreste, ainsi que trois filles, Iphigénie, Electre et Chrysotémis.
Un jour, Tyndare mourut, et Ménélas lui succéda à la tête de Sparte. Puis, ce dernier aida son frère à reconquérir le trône en Argolide, éliminant Thyeste, mais laissant s’échapper Egisthe.
   
            5° La légende de la pomme d’or – À la même époque, l’on célébrait le mariage de Pélée et de la nymphe Thétis (les futurs parents d’Achille.).

Les Noces de Thétis et de Pélée ou Le festin des dieux, par Hendrick de Clerck, vers 1606/1609, musée du Louvre, Paris.
Zeus lui-même aurait voulu avoir un enfant avec cette dernière, mais il fut prévenu (par Thétis elle-même, ou peut être par Prométhée.) que l’enfant qui naîtrait serait plus puissant que son père. Zeus ne voulut pas prendre de risques, et maria la nymphe à un mortel.
La fête battait son plein, de nombreuses divinités participant à la noce. Mais c’est à ce moment là qu’apparut Eris, déesse de la discorde, qui n’avait pas été invitée. Elle jeta alors une pomme d’or au milieu des participants, sur laquelle était portée l’inscription « A la plus belle. » Ce fut le Troyen Pâris qui reçut la lourde tâche de choisir la plus belle des déesses présentes lors de la cérémonie : Héra, Athéna ou Aphrodite.

Statue d'Héra, Altes museum, Berlin (à gauche) ; buste de Pâris, par Antonio CANOVA, vers 1810, Alte Nationalgalerie, Berlin (au centre) ; Statue d'Athéna du type "Hope-Farnèse", sculpture romaine réalisée entre le I° et le II° siècle après Jésus Christ, musée du Louvre, Paris (à droite).

Pâris était le fils de Priam, le roi de la ville de Troie. Alors que l’épouse de ce dernier, Hécube, était enceinte, elle fit une vision : elle accouchait d’une bûche qui mettait Troie en ruine. Priam, qui en outre apprit de la bouche d’un oracle que l’enfant apporterait de grands malheur, décida de tuer l’enfant, confiant cette tâche à un berger nommé Agélaos. Ce dernier abandonna Pâris sur le mont Eda, pensant qu’il mourrait de faim. Cependant, lorsqu’il revint, il se rendit compte que le bébé avait été nourri par une ourse, et, pris de pitié, il décida de l’adopter. Adulte, Pâris devint un berger, comme son père adoptif. Il épousa à cette époque une nymphe nommé Oenone.
Peu de temps après, Priam décida d’organiser des jeux. Il envoya ses serviteurs sur le mont Eda, afin qu’ils en ramène un taureau, qui serait le premier prix de la compétition. Les serviteurs rapportèrent un taureau splendide, auquel Pâris tenait beaucoup. Il les suivit jusqu’au palais de Priam, bien décidé à reconquérir son bien. Lors des jeux, Pâris se distingua par sa valeur, si bien qu’un des fils de Priam, Déiphobe, voulut le tuer. Pâris se réfugia alors auprès de l’autel de Zeus dans la cour du palais, et il fut reconnu par Cassandre, une des filles de Priam[9]. Le roi de Troie accueillit alors son fils dans son palais, oubliant la vision de son épouse. Cependant, Pâris préféra continuer à vivre sur le mont Eda.
C’est là qu’Hermès rencontra le jeune homme, et lui demanda de remettre la pomme d’or à la plus belle des trois déesses.

Le jugement de Pâris, mosaïque romaine du II° siècle après Jésus Christ, musée du Louvre, Paris.
Héra promit à Pâris de lui accorder le pouvoir, Héra lui proposa d’obtenir la victoire au cours de toutes les batailles qu’il livrerait, Aphrodite lui promit qu’il obtiendrait la plus belle femme du monde connu. Pâris, qui avait préféré vivre sur le mont Eda plutôt qu’à la cour de Priam, refusa la proposition de Héra ; et comme il n’était pas un guerrier, il n’était pas non plus intéressé par l’offre d’Athéna[10]. Par contre, bien qu’étant déjà marié avec Oenone, il fut touché par les arguments d’Aphrodite et lui donna la pomme d’or. Cette dernière favorisa alors une rencontre entre lui et la plus belle femme connue : Hélène, l’épouse du roi Ménélas de Sparte. 
 
6° L’enlèvement d’Hélène – Plus tard, Pâris fut envoyé en ambassade à Sparte, auprès du roi Ménélas. Sachant très bien que son mari partait trouver Hélène, Oenone lui proposa de revenir près d'elle sur le mont Ida, si un jour il était blessé. Là, elle pourrait le soigner, grâce à ses connaissances en médecine.
En arrivant à Sparte, les Troyens furent bien accueillis par Ménélas. Cependant, quelques jours après, celui-ci dut quitter la cité, se rendant en Crète, à l’enterrement de son grand père Catrée. C’est alors que Pâris enleva Hélène (les légendes se savent trop si ce fut de gré ou de force.), et la ramena à Troie (il pilla aussi le trésor de Ménélas au passage.).

L'enlèvement d'Hélène, par Benoît de Sainte Maure, enluminure issue de l'ouvrage Roman de Troie, Paris, France, XIV°siècle.

L'enlèvement d'Hélène, par Pierre PUGET, XVII° siècle, musée du Louvre, Paris.
Ensemble, ils eurent quatre fils.

Pâris et Hélène, par Louis DAVID, 1789, musée du Louvre, Paris.

 
            7° L’union des rois grecs – Unis par le serment de Tyndare, les rois grecs décidèrent d’aider Ménélas à récupérer son épouse. Après dix longues années de négociations infructueuses avec les Troyens, ils décidèrent donc d’attaquer leurs ennemis.
Agamemnon fut donc désigné pour diriger l’expédition, équipé de son sceptre d’ivoire, fabriqué par Héphaïstos, et qui appartenait à ses ancêtres depuis des générations. Tous ceux qui avaient prêté le serment de Tyndare étaient présents, sauf Ulysse. Agamemnon et ses hommes décidèrent alors de le rencontrer et se rendirent à Ithaque. Là, ils le trouvèrent en train de labourer son champ, ayant attelé un bœuf et un âne à sa charrue, semant du sel. Ulysse voulait se faire passer pour fou et ainsi éviter de participer au conflit. Mais c’est alors qu’un compagnon d’Agamemnon, Palamède, voulut tester la folie d’Ulysse : il plaça Télémaque, le fils de ce dernier, sous les sabots des bêtes de somme. La supercherie fut alors découverte, Ulysse, ne voulant pas écraser son propre fils[11]
 
            8° Achille et les prophéties concernant la guerre de Troie – Achille était le fils de Pélée, roi de Phthie en Thessalie, et de la nymphe Thétis. Comme nous l’avons vu précédemment, c’est à leur mariage qu’apparut Eris, la déesse de la discorde, et qui lança vers l’assemblée une pomme d’or portant l’inscription « à la plus belle. »
Thétis, déçue d’épouser un mortel, voulut rendre son fils invulnérable : bien que plusieurs légendes se contredisent à ce sujet[12], la plus courante montre la nymphe plongeant son fils dans le Styx, en le tenant par le talon.

Thétis trempant Achille dans le Styx, tapisserie de Pierre Paul RUBENS, XVII° siècle, musée d'art et d'histoire, Bruxelles.
Par la suite, Thétis abandonna mari et enfant, confiant Achille au centaure Chiron. Ce dernier lui apprit à courir (d’où, dans l’Iliade, l’épithète Achille au pied léger.), lui enseigna l’art de la guerre, l’art de la médecine et de la musique.



L'Education d'Achille : La Leçon d'équitation (en haut.) et La Leçon d'armes (en bas.), par Jean Baptiste CHAMPAIGNE, vers 1666, musée du Louvre, Paris.


L'Education d'Achille par le centaure Chiron, par Jean Baptiste REGNAULT, fin du XVIII° siècle, musée du Louvre, Paris.
Plus tard, Achille revint en Phthie, et à la cour de son père, il rencontra Patrocle, qui devint son compagnon[13]. Il fit là l’apprentissage du gouvernement et de la diplomatie avec un vieil homme nommé Phoenix.
Achille disait à sa mère qu’il préférait une vie courte et glorieuse que longue et morne. Cette dernière, sachant que la guerre de Troie allait avoir lieu, décida d’emmener son fils à Skyros, auprès du roi Lycomède. Thétis, ne voulant pas qu’Achille participe au conflit, le déguisa en fille, le dissimulant parmi les filles du souverain. Il y porta le nom de Phyrra (‘la rousse’.), et épousa Déidamie, une des filles de Lycomède. Ensemble, ils eurent un fils, Néoptolème (nommé aussi Phyrrus.).  
C’est alors qu’un jour, les Grecs, menés par Ulysse, vinrent chercher le jeune homme. En effet, le devin Calchas avait prédit qu’ils ne pourraient battre les Troyens sans l’aide d’Achille. Le rusé Ulysse distribua des tissus et des armes aux filles du roi. Mais, alors que ces dernières étaient assemblées autour des étoffes, une trompette sonna un signal d’alarme : Achille se rua alors sur les armes, et fut démasqué par Ulysse.

Achille chez les filles de lycomède à Skyros, reconnu par Ulysse, tapisserie élaborée de 1740 à 1748, Hôtel de Soubise, Paris.
Bien qu’il ne soit pas lié par le serment de Tyndare, Achille accepta de partir vers Troie.
 
9° Le sacrifice d’Iphigénie – Les 300 navires grecs étaient en route vers Troie lorsque, près d’Aulis, le vent tomba soudain, immobilisant la flotte. En effet, Agamemnon avait offensé la déesse Artémis, en osant prétendre avoir tué une biche avec une adresse que la déesse elle même n'aurait pu égaler.
C’est alors que le devin Calchas, qui avait déjà prédit que la guerre durerait dix ans, expliqua pourquoi le vent était tombé : Artémis était en colère, et seul le sacrifice de la fille du fautif permettrait de la satisfaire. Agamemnon fit alors venir sa fille Iphigénie, promettant de lui donner Achille en mariage, puis la sacrifia. Ensuite, les navires purent repartir[14].


Le sacrifice d'Iphigénie, par Bertholet FLEMALLE, vers 1647, musée du Louvre, Paris.
 
            10° Les neuf premières années de la guerre de Troie – Les Grecs, après quelques mésaventures, arrivèrent finalement près des côtes de Troie (rappelons qu’Hélène avait été enlevée depuis maintenant dix années.).

L'enlèvement d'Hélène (en haut de l'image.) et le débarquement des Grecs sous les murs de Troie (en bas.), par Vincentius Bellovacensis, enluminure issue de l'ouvrage Speculum historiale, France, XV°siècle.
Achille aurait voulu être le premier à débarquer, mais sa mère Thétis lui avait prédit que le premier à débarquer serait le premier à se faire tuer. Le jeune homme décida d’écouter sa mère, et céda sa place au Grec Protésilas : ce dernier fut effectivement la première victime de la guerre, transpercé par la lance d’Hector, fils de Priam.
Hector, bien qu’il fut le Troyen ayant tué le plus d’ennemis au combat (il tua plus de Grecs qu’Achille ne tua de Troyens.), n’en reste pas moins décrit par Homère comme un homme franc et valeureux, bon père et bon mari. Il était le véritable héros des Troyens, comme Achille était celui des Grecs. Réprouvant l’acte de son frère Pâris, considérant celui-ci comme un coureur de jupons, il avait accepté de rendre Hélène à Ménélas afin d’éviter la guerre.
Une fois débarqués, les Grecs décidèrent d’envoyer une ambassade auprès des Troyens, leur proposant d’organiser un combat entre Ménélas et Pâris, afin d’épargner la vie des soldats des deux camps. Ces derniers acceptèrent, et le combat entre les deux hommes commença. Seulement, alors que Ménélas était en train de prendre l’avantage sur son adversaire, Aphrodite envoya un épais brouillard sur le champ de bataille, et transporta Pâris jusqu’à la chambre d’Hélène.
Alors la guerre commença.
Le premier adversaire d'Achille fut le Troyen Cycnos, un fils de Poséidon, qui était réputé invulnérable. Le Grec parvint cependant à le tuer en l'étranglant avec la courroie de son propre casque (selon certaines légendes, Cycnos fut transformé en cygne avant que les Grecs ne s’emparent de ses armes.). Par la suite, au cours d'une embuscade, Achille tua aussi un des fils d’Hécube, Troïlus (aussi nommé Troïlos.).

Achille guettant Troïlos, représentation figurant sur un plat grec du VI° siècle avant Jésus Christ.
Les Grecs firent aussi de nombreuses razzias contre les cités voisines, afin de couper l’approvisionnement de Troie. Achille, à la tête de l’armée, dévasta douze villes sur la côte et onze villes à l’intérieur des terres. Dans la cité de Thèbe en Troade, il tua le roi Eétion, père d'Andromaque (la femme d’Hector.), ainsi que ses sept fils, puis il rançonna la reine. Au cours de cette expédition, il rencontra et mit en fuite le Troyen Enée, et captura une jeune femme du nom de Briséis.
Par la suite, les affrontements se succédèrent, tous plus acharnés les uns que les autres, sans que les troupes d’Agamemnon ne puisse prendre la ville. Chaque camp comptait ses héros, chaque camp était appuyé par ses divinités : Poséidon, Héra, Athéna pour les Grecs ; Aphrodite, Apollon et Arès pour les Troyens. Comme l’avait prédit le devin Calchas, la guerre dura dix ans.


Guerriers combattant, vase grec du VI° siècle avant Jésus Christ, Petit Palais, Paris.
 
            11° La dixième année de la guerre de Troie, l’Iliade d’Homère – C’est à ce moment là de l’histoire que débute l’Iliade d’Homère. Comme nous l’avons dit précédemment, tout le récit ne se concentre que sur un bref épisode du conflit, situé au cours de la dixième année de la guerre : la colère du héros Achille.
 
- Briséis est enlevée à Achille : au cours d’une attaque contre les cités avoisinant Troie, les Grecs s’en prirent à l’île de Chrysé, en Troade. Là, ils saccagèrent le temple d’Apollon, et enlevèrent Chryséis, la fille du prêtre qui officiait là, Chrysès. Les Grecs ramenèrent par la suite la jeune fille à Agamemnon, qui en fit sa concubine.
Cependant, le père de la captive ne l’entendit pas de cette oreille, et vint se plaindre auprès du roi. Ce dernier le menaça, et Chrysès, furieux, lança une malédiction sur le camp des Grecs : en effet, peu de temps après, Apollon vint y répandre la peste. Au bout de neuf jours, Agamemnon dut s’incliner devant le prêtre. Il chargea Ulysse de ramener la jeune fille auprès de son père, puis ils firent une hécatombe[15] sur l’île.
Par la suite,  Agamemnon s’empara en échange de Briséis, la captive d’Achille. Ce dernier, fou de rage, décida de se retirer dans sa tente et de ne plus participer aux combats. Il demanda en outre à sa mère Thétis d’obtenir de Zeus qu’il favorise les Troyens.
 
- La mort de Patrocle : nombreux furent les Grecs qui tentèrent de faire revenir Achille à la raison (son compagnon Patrocle, Ulysse, etc.), mais rien n’y fit. Les Grecs, malgré l’absence du héros, tentèrent tant bien que mal de continuer le combat. Diomède, un compagnon d’Ulysse, tua le prince troyen Pandaros, blessa Enée et Aphrodite, et chassa Arès du champ de bataille.


Statue de Diomède, sculpture romaine réalisée entre le II° et le III° siècle après Jésus Christ, musée du Louvre.
Avec Ulysse, ils partirent espionner le camp avancé troyen, installé sur la plage. Là, ils interrogèrent puis tuèrent l’espion troyen Dolon.
De son côté, Ajax le Grand, fils du roi Télamon de Salamine, lutta en combat singulier contre Hector, sans qu’un des deux combattant ne puisse remporter la victoire. La nuit venant, ils mirent fin un combat, échangeant des présents : Hector donna son épée à Ajax, qui en échange lui donna sa ceinture. Proche d’Ulysse, il aida ce dernier alors qu’il avait était blessé au cours d’une  bataille. Enfin, il repoussa l’assaut des Troyens, menés par Hector, contre les murs protégeant la flotte grecque.
Cependant, les Grecs accumulèrent une série de revers. Patrocle décide alors de porter les armes d’Achille, avec l’autorisation de ce dernier. Accompagné de ses hommes, les Myrmidons[16], il excita le courage des Grecs, et provoque la débâcle chez leurs adversaires. Se lançant à l’assaut de la ville, il tua à cette occasion le Troyen Sarpédon[17], mais se fit cependant tuer par Hector.
 
- Achille contre Hector : en apprenant la nouvelle de la bouche d’Antiloque, Achille fut fou de rage. Il demanda alors à sa mère de nouvelles armes, qui les commanda auprès d’Héphaïstos, le dieu forgeron. Cette dernière lui déclara cependant que s’il venait à tuer Hector, il le suivrait de près dans la tombe, mais Achille resta sourd aux avertissements de sa mère. La nuit venue, il effraya les Troyens tant ses cris étaient lugubres. En outre, Agamemnon se réconcilia avec lui, et accepta de lui rendre Briséis.
Les jours suivants, Achille ne réussit pas à affronter Hector, et se vengea en massacrant un grand nombre de Troyens. Il fit tant de victimes que le fleuve Scamandre, rouge du sang des tués au combat, tenta de noyer Achille.
Ce dernier, peu de temps après, parvint cependant à affronter Hector au cours d’un duel singulier, qui l’avait attendu sous les murs de la cité. Il était dit que si Hector mourrait, la cité tomberait. Priam et Hécube tentèrent donc en vain de dissuader leur fils d’affronter Achille.

Les adieux d'Hector et Andromaque, par Joseph Marie VIEN, 1786, musée du Louvre, Paris.
Ce dernier fut sourd à leurs lamentations, et attendit son ennemi. Cependant, lorsque celui-ci arriva, Hector, pris de peur, décida de prendre la fuite. Les deux adversaires firent trois fois le tour de la cité avant d’en venir aux armes. C’est alors qu’Hector demanda à son ennemi de respecter son corps et de le rendre à son père Priam, s’il venait à perdre le combat. Achille refusa et le tua, le perçant d’un coup de lance.
 
- La vengeance d’Achille : mais la colère d’Achille ne le quittait pas. Il attacha le cadavre d’Hector à son char, et fit ainsi trois fois le tour des murailles de Troie, puis le traîna autour de la tombe de Patrocle pendant douze jours.
Priam insista auprès d’Achille pour que le corps de son fils lui soit rendu, mais ce dernier refusa dans un premier temps. Sa mère Thétis parvint cependant à le faire changer d’avis, lui affirmant que les dieux étaient mécontents du traitement qu’il avait infligé à la dépouille d’Hector.


Priam implorant Achille, vers 1800-1820, Alte Nationalgalerie, Berlin.
Alors, après avoir organisé des jeux funéraires en l’honneur de Patrocle, il rendit la dépouille à Priam. C’est sur ce récit que se clôt l’Iliade d’Homère.
 
12° La fin de la guerre de Troie – Les récits concernant cette partie de la guerre font partie soit de l’Odyssée d’Homère, soit d’écrits postérieurs à cette œuvre. En effet, un certain nombre de légendes associées à tel ou tel héros ne sont pas présentes dans l'œuvre d’Homère, proviennent de versions d’auteurs moins anciens.
 
- Achille continue à lutter : Par la suite, la reine des Amazones, Penthésilée, vint à l’aide de des Troyens. Achille la tua, mais tomba amoureux de son cadavre. C’est alors qu’un Grec nommé Thersite se moqua de lui, et il le tua lui aussi. Pour cette faute, il dut faire un sacrifice à Artémis et Apollon, puis se faire purifier du meurtre par Ulysse.
Par la suite, Achille élimina un autre allié des Troyens, venu en renfort : Memnon, roi d’Éthiopie, qui avait tué Antiloque.
 
- La mort d’Achille : les Troyens étaient désemparés face à la puissance d’Achille. C’est alors qu’ils apprirent le point faible du Grec. Alors qu’il était bébé, sa mère Thétis l’avait plongé dans les eaux du Styx, qui le rendirent invulnérable. Mais cette dernière le tenait par le talon, qui était le point faible d’Achille.
C’est alors qu’en plein combat, Pâris, guidé par Apollon, tira une flèche dans le talon d’Achille, le tuant sur le coup (certaines sources disent que ce fut Apollon lui-même qui décocha la flèche.).
Alors qu’Ulysse tenait les Troyens en échec, Ajax ramena la dépouille d’Achille au camp des Grecs.
Peu après éclata une dispute entre Ajax et Ulysse, qui se disputaient le droit de recevoir les armes du défunt.

Dispute entre Ajax et Ulysse, représentation figurant sur un vase grec du VI° siècle avant Jésus Christ.
Au final, c’est Ulysse qui fut choisi, et Ajax lui voua une rancune tenace. La nuit venue, il décida d’attaquer les Grecs, mais Athéna le frappa de folie et il alla massacrer un troupeau de moutons. Lorsqu’il retrouva ses esprits, il se suicida à l’aide de l’épée que lui avait donné Hector[18].
Par la suite, les cendres d’Achille furent mélangées à celles de Patrocle. Par contre, les chefs grecs refusèrent de donner une sépulture à Ajax, en raison des actions qu’il avait commises, et il fallut qu’Ulysse intervienne afin de les faire changer d’avis.
 
- Les flèches d’Héraclès : après la mort d’Achille, les Grecs étaient atterrés. C’est alors qu’ils se souvinrent de la prophétie de l’Oracle de Delphes, qui avait déclaré qu’ils ne pourraient vaincre s’ils n’étaient en possession des flèches d’Héraclès.
Au début de la guerre, les Grecs s’étaient rapprochés de Philoctète, qui était un compagnon d’Héraclès. Ce dernier, en mourrant, lui fit promettre de ne pas révéler où se situait sa sépulture, et lui confia ses fameuses flèches, imprégnées du poison de l’Hydre de Lerne.
Devant l’insistance des Grecs, Philoctète dut se résoudre à leur révéler où étaient inhumées les cendres d’Héraclès, montrant ce lieu du pied. Puis, il leur confia qu’il avait conservé les fameuses flèches.
Mais le destin joua contre Philoctète : en effet, alors qu’il naviguait vers Troie, une des flèches lui tomba sur le pied avec lequel il avait montré le lieu de la sépulture d'Héraclès. La blessure commença alors à s’envenimer, et il s’en dégagea une odeur si infecte qu’Ulysse décida d’abandonner Philoctète sur l’île de Lemnos. Il y resta seul pendant dix ans, souffrant de sa solitude et de sa blessure.
Mais maintenant qu’Achille était mort, il était urgent pour les Grecs de retrouver Philoctète et les flèches d’Héraclès. Ulysse, Diomède et Néoptolème (le fils d’Achille.) furent donc chargés d’aller le ramener.
Arrivant sur la plage de Troie, Pâris défia Philoctète en duel ; le Grec accepta et blessa mortellement le Troyen à l’aide d’une des flèches d’Héraclès. Pâris demanda à ses serviteurs qu’on l’emmène au mont Ida, près d’Oenone qui avait promis de le guérir. Cependant, cette dernière refusa, et Pâris fut ramené à Troie. Peu après, Oenone regretta son refus, mais il était trop tard car son époux était mort. Elle décida alors de se pendre.
Hélène se retrouvant veuve, un autre fils de Priam, Déiphobe, fut choisit pour être son nouvel époux.
 
 - Le cheval de Troie : C’est alors qu’une idée germa dans l’esprit d’Ulysse. Il fit construire aux Grecs un grand cheval de bois, dans lequel lui et quelques uns de ses hommes se dissimulèrent.

Les Grecs se cachent dans le cheval de Troie, par Maître de l'Enéide, vers 1530, musée du Louvre, Paris.
Au même moment, la flotte grecque fit mine de se retirer, et les Troyens s’aperçurent au matin que la grève était déserte. Trop content d’avoir remporté la victoire, les Troyens virent qu’il ne restait sur la plage qu’un cheval de bois.
Les avis étaient partagés : certains voulurent conserver le cheval (Sinon, un esclave grec vivant à Troie, assurait les Troyens qu’il s’agissait là d’une offrande à Athéna, destinée à assurer aux Grecs un bon retour.), d’autres au contraire, voulurent la brûler. Ce fut le cas de Laocoon, un prêtre de Poséidon. Lançant son javelot contre les flancs du cheval, qui sonna creux, il mit les Troyens en garde. C’est alors que deux serpents venus de la mer se jetèrent sur les fils de Laocoon et les dévorèrent.

Laocoon et ses fils, par Jean Baptiste TUBY, Philibert VIGIER et Jean ROUSSELET, 1696, château de Versailles.
Ce dernier, voulant sauver ses fils, prit ses armes et commença à lutter contre les créatures. Cependant, elles eurent tôt fait d’avoir raison de lui et le tuèrent. Par la suite, les deux serpents se réfugièrent au temple d’Athéna ; les Troyens crurent alors que Laocoon avait offensé la déesse, et apportèrent le cheval de bois dans la ville[19].  
Dans la soirée, Hélène et Déiphobe vinrent voir l’imposant cheval. Hélène imita alors la voix des épouses des hommes enfermés à l'intérieur, afin de déjouer le piège, si toutefois il y en avait un. Ulysse dut alors tout faire pour convaincre ses compagnons de ne pas répondre. Rassurés, Déiphobe et Hélène repartirent.

La prise de Troie, par Benoît de Sainte Maure, enluminure issue de l'ouvrage Roman de Troie, Paris, France, XIV°siècle.

A la nuit tombée, les Troyens festoyaient, trop heureux que la guerre soit achevée. C’est alors qu’Ulysse et ses hommes sortirent du cheval, puis ouvrirent les portes de la ville. Toute l’armée grecque rentra alors dans Troie, et la pillèrent.

La prise de Troie, par Jean de Courcy, enluminure issue de l'ouvrage La bouquechardière, Paris, France, XIV°siècle.

 
De nombreux Troyens furent tués cette nuit là, ou réduits en esclavage : Déiphobe fut tué par Ménélas dans son sommeil ; Priam fut tué par Néoptolème ; Astyanax, fils d’Hector, fut tué à l’instigation d’Ulysse, qui ne voulait pas qu’un descendant au trône de Troie puisse un jour se venger (Néoptolème le précipita du haut des remparts.). La reine Hécube fut faite prisonnière par Ulysse ; Néoptolème s’empara d’Andromaque ; Cassandre fut violée par Ajax le Petit[20], puis Agamemnon en fit sa prisonnière.

Néoptolème tue Priam et Astyanax, représentation figurant sur un vase grec du VI° siècle avant Jésus Christ, Neues museum, Berlin.

L'assassinat de Priam, par Vincentius Bellovacensis, enluminure issue de l'ouvrage Speculum historiale, France, XV°siècle.
Bien peu parvinrent à fuir la ville, comme le Troyen Enée, qui s’enfuit avec son père Anchise, sa femme Créüse, et son fils Ascagnos[21].
Quant à Ménélas, il retrouva finalement sa femme Hélène.
Finalement, après avoir pillé la ville, les Grecs décidèrent de rentrer chez eux.
 
            13° Le retour en Grèce – Cela faisait dix ans que les Grecs attendaient de pouvoir rentrer chez eux. Cependant, certains eurent bien plus de mal à regagner leur foyer que d’autres.
 
- Agamemnon : le roi d’Argolide, en rentrant, fut accueilli par son cousin Egisthe (qui était devenu l’amant de sa femme Clytemnestre.). Ce dernier convia le roi à un banquet, et c’est alors que surgirent une troupe d’hommes en armes qui tuèrent Agamemnon[22]. Cassandre fut tuée peu après aux ordres de la reine.

Clitemnestre hésitant avant de frapper Agamemnon endormi, par Pierre Narcisse GUERIN, 1817, musée du Louvre, Paris.
Son fils Oreste, encore un enfant au moment du meurtre, fut emporté par sa grande sœur Electre[23]. Elle l’emmena en Phocide, auprès du frère de Clytemnestre, le roi Strophios. Il l’éleva en même temps que son fils Pylade. Une solide amitié se forgea entre les deux enfants, qui ne se brisa pas lorsqu’il devinrent adultes. Une fois arrivé à l’âge d’homme, Oreste se rendit auprès de l’Oracle de Delphes, afin de savoir comment il devait agir pour venger son père. Ce dernier lui révéla alors qu’il devrait tuer sa mère et son amant. Le jeune homme, qui avait déjà le soutien de Pylade, réussit aussi à gagner sa sœur Electre à sa cause. Ensemble, ils tuèrent Clytemnestre et Egisthe.

Oreste tue Clytemnestre, miroir en bronze du V° siècle avant Jésus Christ, Altes museum, Berlin.
Selon certaines sources, Oreste, bien qu’ayant suivi la loi du Talion, fut par la suite considéré par un matricide, et fut frappé de folie. A la suite de quelques mésaventures, il tua Néoptolème qui lui avait enlevé Hermione, la femme qu’il aimait. Ils se marièrent finalement, et Oreste régna sur l’Argolide, mais aussi sur Sparte à la mort de Ménélas. Il eut un enfant d’Hermione nommé Tisamène, qui lui succéda à sa mort.
 
- Ménélas et Hélène : la nuit où Ménélas avait retrouvé son épouse, il voulut la tuer sur le champ, mais ses hommes et les charmes d’Hélène l’en dissuadèrent. Les jours suivants, il leva l’ancre en direction de la Grèce. Seulement, Ménélas n’avait pas fait de sacrifices afin d’apaiser les dieux partisans de Troie, et ils s’acharnèrent sur sa flotte. De ses cinquante navires, cinq seulement survécurent.
Finalement, la petite flotte parvint à gagner l’Egypte. Sur l’île de Pharos, Ménélas tenta de rencontrer Protée, une divinité maritime, qui avait don de prophétie et de métamorphose. Le roi de Sparte voulait savoir pourquoi les dieux s’acharnaient sur lui. Il se dissimula auprès des phoques qui peuplaient la berge, et lorsque Protée arriva, il se jeta sur lui. Afin d'échapper à son assaillant, Protée se changea en lion, en serpent, en léopard, en cochon, ainsi qu’en eau et en arbre. Mais, voyant que Ménélas ne lâcherait pas prise, il accepta de répondre aux questions du roi.
Il lui apprit alors que son frère Agamemnon avait été tué en rentrant chez lui, qu’Ajax le Petit était mort noyé[24], et qu’Ulysse avait échoué sur l'île de Calypso[25].
Après avoir fait les sacrifices nécessaires afin de pouvoir rentrer chez lui sans encombres, Ménélas prit le large à nouveau. Il arriva à Mycènes pour les funérailles d’Egisthe et Clytemnestre, qu’Oreste avait tué pour venger Agamemnon. Il rencontra Télémaque, qui recherchait son père, et lui répéta ce que lui avait dit Protée.
Après de longues années de règne, Ménélas mourut, et ce fut Oreste (qui avait épousé Hermione, la fille du roi.) qui récupéra le trône de Sparte.
 
- Ajax le Petit : Athéna voulait punir Ajax, car il avait profané une statue à son effigie lorsqu’il viola Cassandre. Ulysse avait demandé aux Grecs de punir le fautif, mais avaient refusé de le faire.
Alors qu’il retournait vers la Grèce, Athéna demanda à Zeus de créer une violente tempête, qui détruisît beaucoup de navires grecs, près du cap Capharée, au sud de l'île d'Eubée. La déesse s’occupa d’Ajax en personne en foudroyant son bateau, qui sombra alors. Cependant, celui-ci survécut au naufrage, et parvint à nager jusqu’à un bout de rocher. Là, il se moqua des dieux, tant et si bien que Poséidon fit éclater d’un coup de trident l’île où se trouvait Ajax. Ce dernier fut tué, puis enterré à Mycènes par Thétis.
 
- Phyloctète : toujours blessé au pied à cause d’une des flèches d’Héraclès, il n'osa pas retourner dans son pays après que Troie soit tombée. Il se réfugia en Calabre, et il érigea la ville de Pétilie. Là, il y fut soigné par Machaon, un fils d’Asclépios, le dieu médecin.
 
- Néoptolème : suite à la prise de Troie, il rentra ensuite en Phthie, mais les légendes divergent à son sujet. Selon le récit d’Homère, Néoptolème épousa Hermione, la fille d’Agamemnon ; d’autres récits racontent qu’il se maria avec Andromaque, avec laquelle il eut trois enfants (Molossos, Piélos et Pergamos.).
Les récits concernant la vie de Néoptolème sont nombreux et contradictoires, tout comme la raison de sa mort. Selon certaines sources, il fut assassiné par Oreste, qui voulait récupérer son amante Hermione ; selon d’autres, Néoptolème se serait attaqué au temple d’Apollon à Delphes (afin de venger la mort de son père Achille.), et se serait fait tuer par les habitants de la ville.
 
- Diomède : le voyage de ce héros vers la Grèce se déroula sans encombre, mais cependant, il allait devoir affronter de nouvelles épreuves. En effet, sa femme Aegialé l’avait trompé pour un autre homme (les légendes disent qu’elle fut soit influencée par Aphrodite qui voulait se venger du coup de lance que lui avait asséné Diomède ; soit par Nauplios, le père de Palamède, qui voulait venger son fils[26].).
Il dut alors fuir son royaume, qu’il avait acquis par mariage, et partit se réfugier en Italie, accompagné de quelques compagnons. Diomède accosta, puis rencontra Daunus, le roi d’Apulie (dont il épousa la fille Evippé.).
Par la suite, alors qu’il vivait sur des îles au large de l'Apulie, il rencontra un ambassadeur du prince Rutule Turnus, qui lui demanda de l’aide afin de lutter contre Enée. Cependant, Diomède refusa, ayant eu déjà assez bien de malheurs à cause d’Aphrodite (elle était la mère d’Enée.).
 
- Le devin Calchas : lui non plus n’eut pas de problèmes pour rentrer en Grèce, seulement il ne survécut pas longtemps. Il rencontra peu de temps après le devin Mopsos (petit fils du devin Tirésias.) dans un concours d’art divinatoire, et fut battu par son adversaire. Calchas avait un jour rencontré un oracle qui lui avait prédit qu’il mourrait le jour où il rencontrerait un devin plus habile que lui. Et la prophétie se réalisa…

III: L'Odyssée

1° Avant propos – L’Odyssée est une œuvre attribuée à l’aède grec Homère, rédigée au VII° siècle avant Jésus Christ. Composée de 12 109 vers, elle fut divisée en 24 chants (correspondant aux 24 lettres de l’alphabet grec.) au cours de la période hellénistique (IV° à I° siècle avant Jésus Christ.). L’Odyssée relate la chute de Troie et les dix années de voyage qu’Ulysse dut accomplir avant de retourner dans son pays, Ithaque (une île de la côte occidentale de Grèce.). Le mot ‘Odyssée’ est un dérivé du nom grec ‘Ulysse’.
Contrairement à l’Iliade, ou les chants se suivent dans une certaine continuité, l’Odyssée est quant à elle divisée en trois parties bien distinctes.
La Télémachie (chants I à IV.) : l’auteur nous relate les aventures de Télémaque, le fils d’Ulysse, parti à la recherche de son père. Le récit nous décrit l’attente de Pénélope, la femme d’Ulysse, entourée de ses prétendants.
Les récits d’Ulysse (chants V à XIII.) : après avoir fait naufrage, Ulysse est recueilli par le roi Alcinoos, et lui raconte ses aventures.
La vengeance d’Ulysse (chants XIII à XXIV.) : de retour dans sa ville, Ithaque, Ulysse tue ses prétendants et retrouve son trône.
 
            2° Ulysse – Ulysse était le fils unique des souverains d’Ithaque, Laërte et son épouse Anticlée (certaines légendes racontent que la mère d’Ulysse était déjà enceinte de Sisyphe lorsqu’elle connut Laërte. Cette paternité expliquerait le caractère rusé d’Ulysse, Sisyphe s'étant montré capable de tromper Autolycos, le père d'Anticlée, réputé pour être voleur et tricheur. D’ailleurs, lorsque Sisyphe mourut, il fut condamné à passer l’éternité au Tartare[1].).
Autolycos se trouvait à Ithaque quelques jours après la naissance d’Ulysse. Euryclée, sa nourrice, mit le bébé sur les genoux de son grand père, et demanda à Autolycos de trouver un nom à l’enfant.  Ce dernier décida de le nommer Ulysse, qui signifie ‘victime de l'hostilité’ (en effet, le père d’Anticlée étant un gredin avéré, il s’était attiré les foudres de beaucoup de ses semblables.).
Devenu grand, Ulysse partit un jour à la chasse, et c’est à cette occasion qu’un sanglier le blessa profondément à la cuisse (il en garda une cicatrice toute sa vie.). Plus tard, il rencontra un jeune homme nommé Iphitos, et ils se lièrent d’amitié. Ce dernier lui offrit alors l’arc de son père Eurytos, que ce dernier disait avoir reçu d’Apollon.
Quelques années après, Ulysse se rendit à Sparte, où le roi de la cité, Tyndare, avait réuni de nombreux souverains de Grèce, afin de trouver un mari à sa fille Hélène. Ulysse était trop peu fortuné pour avoir une chance de l’emporter, mais une idée lui vint en voyant à quel point l’opposition grandissait entre les prétendants. Il se rapprocha alors de Tyndare, et lui proposa que tous les prétendants prêtent serment : les rois de Grèce devraient jurer de ne rien tenter contre celui qui serait désigné comme l’époux d’Hélène ; et en outre, ils devraient tous s’unir si cette dernière venait à lui être enlevée. Tous les prétendants acceptèrent alors de prêter ce qui fut appelé le serment de Tyndare[2].
En remerciement, Ulysse épousa Pénélope, la fille d’Icarios, frère de Tyndare. Mais le père de la jeune femme ne voulut pas laisser partit sa fille. En effet, alors qu’Ulysse et Pénélope quittaient la ville, Icarios les poursuivit, et demanda à sa fille de rentrer avec lui (il proposa aussi à Ulysse de venir vivre à Sparte.). Les deux époux préférèrent refuser et quittèrent alors Icarios. Par la suite, Ulysse et Pénélope eurent un fils, Télémaque.
Par la suite, Laërte abdiqua en faveur de son fils, qui devint roi d’Ithaque. Peu après, Agamemnon vint le trouver pour qu’Ulysse participe à la guerre de Troie[3].
 
            3° Le voyage en Thrace – Ulysse, une fois la guerre achevée, n’avait qu’une idée en tête : rentrer chez lui au plus vite. Tout d’abord, ils se rendirent en Thrace, auprès du roi Polymnestor. Ulysse était alors accompagné par Hécube, qui avait confié à ce souverain son plus jeune fils, Polydoros, ainsi qu’un important trésor. En débarquant sur la côte, Hécube y découvrit le cadavre de son enfant (le cupide roi avait voulu faire main basse sur l’or que lui avait confié la reine de Troie.). Hécube décida alors de se venger : elle tua les deux fils de Polymnestor, et ce dernier eut les yeux crevés. Chassée par les habitants de la ville, elle fut transformée en chienne.
Par la suite, Ulysse continua son excursion en Thrace. Il pilla alors Ismare, la ville des Cicones. Décidant de jouir des fruits de leur razzia, les Grecs ne reprirent pas le large le soir même, décidant de rester dans la ville. C’est à cette occasion qu’un prêtre d’Apollon qu’Ulysse avait épargné, Maron, leur fit cadeau de nombreux fûts de vin. C’est alors que les Grecs furent attaqués par des Cicones, qui avaient appelé à l'aide les cités voisines. Ulysse et ses compagnons furent contraints de fuir, subissant de lourdes pertes.
 
            4° Le pays des Lotophages, l’île des Cyclopes – La flotte d’Ulysse fut alors portée par des vents contraires, et dériva jusqu’au pays des Lotophages. En débarquant, les Grecs furent surpris par l’accueil que leur conféra ce peuple. Ces derniers leur offrirent à manger du lotos, une plante fantastique. Les hommes d’Ulysse qui en mangèrent oublièrent alors la raison de leur voyage, leur famille, leur pays. Ils ne pensaient plus qu’à une chose, consommer à nouveau du lotos. Ulysse dut alors les forcer à quitter les Lotophages, attachant ses marins aux bancs des navires de la flotte.
Les Grecs quittèrent alors l’île, et peu après abordèrent dans l’île des Cyclopes.

Tête de Cyclope, fragment d'une sculpture retrouvée à Smyrne (Turquie.), musée du Louvre, Paris.
Explorant les lieux, Ulysse et douze de ses compagnons découvrirent une large grotte, apparemment habitée (car regorgeant de nourriture.). Les Grecs décidèrent alors de festoyer en l’absence du maître du logis, qui se révéla être le Cyclope Polyphème, fils de Poséidon. Ce dernier décida donc d'enfermer les intrus dans sa grotte, et en dévora plusieurs.
Le rocher était trop lourd pour le faire bouger, et Ulysse dut donc ruser. Tentant de se concilier les faveurs du Cyclope, le Grec lui offrit les fûts de vin que lui avait donné le prêtre Maron. Gagnant la sympathie de Polyphème, Ulysse déclara se nommer Personne. Enivré, le Cyclope ne tarda pas à s’endormir. C’est alors qu’Ulysse et ses compagnons taillèrent un pieu en bois, qu’ils durcirent au contact du feu. Puis, ils enfoncèrent leur arme dans l’œil unique du Monstre. Polyphème se réveilla en hurlant, appelant à l’aide ses semblables. Ces derniers lui demandèrent alors qui était responsable de ce forfait, ce à quoi Polyphème répondit qu’il s’agissait de Personne. Interloqués, les autres Cyclopes repartirent chez eux.

Ulysse et ses compagnons aveuglant le cyclope Polyphème, représentation figurant sur un vase grec du V° siècle avant Jésus Christ, Altes museum, Berlin.
Le lendemain matin, comme Polyphème avait l’habitude d’aller faire paître ses moutons, Ulysse et ses hommes s’accrochèrent sous leur ventre, et parvinrent à s’échapper de la grotte du Cyclope.
Une fois sur son navire, Ulysse ne put s’empêcher de crier bien haut son nom, à l’attention du Cyclope, lui reprochant d’avoir manqué aux lois de l’hospitalité. C’est alors que Polyphème, connaissant le nom de son agresseur, lança un énorme rocher sur la flotte grecque, sans faire toutefois de victimes. Puis il s’adressa à Poséidon, son père, le suppliant de le venger d’Ulysse. C’est ainsi que le Grec eut dès lors à subir la colère du dieu des mers.
 
            5° Eole, les Lestrygons – La flotte grecque se dirigea ensuite vers l’île flottante d’Eolia, dirigée par le roi Eole. Bien que mortel, il était assimilé au dieu des vents (son père, Hippotès, était un ami des dieux, et Zeus lui avait donné la maîtrise des vents.). Ulysse et ses hommes accostèrent donc sur l’île, et rencontrèrent Eole. Ce dernier donna une outre à Ulysse, dans laquelle étaient enfermés tous les vents, sauf le vent de l'Ouest, qu'il laissa souffler pour ramener les Grecs chez eux.
Reprenant le large, les navires se dirigeaient insensiblement vers Ithaque. C’est alors que les marins d’Ulysse, croyant que l’outre contenait de l’or, décidèrent d’ouvrir cette dernière. Ce faisant, ils déchaînèrent alors une tempête qui les ramena sur les rivages d’Eolia. Eole, de peur qu’Ulysse ne soit maudit par les dieux, fit en sorte que les vents détournent sa flotte de l’île.
Les Grecs accostèrent alors près de Télépyle, la cité des Lestrygons. Ces derniers étaient des géants cannibales. Ayant débarqué, Ulysse envoya des éclaireurs rencontrer Antiphatès, le roi des Lestrygons. Ils rencontrèrent alors la fille du souverain, qui les invita au palais royal. Cependant, une fois parvenus là, les Lestrygons se jetèrent sur eux et les dévorèrent. Les Grecs regagnèrent prestement leurs navires, poursuivis par des milliers de ces géants. Ces derniers firent un grand massacre parmi les Grecs, les dévorant ou jetant des rochers sur leurs navires. Au final, seul un des douze vaisseaux de la flotte parvint à s’enfuir.
 
            6° Circé, le pays des Cimmériens – Ulysse et ses compagnons arrivèrent alors près de l’île d’Aea, où résidait la magicienne Circé (fille d’Hélios, elle était la sœur d’Eétès[4] et de Pasiphaé[5].).


Circé, sculpture réalisée par Philippe MAGNIER, 1684-1686, jardins du château de Versailles.
Ulysse envoya quelques hommes en éclaireurs, qui pénétrèrent dans le palais de Circé (celui-ci, situé au milieu d’une clairière, était gardé par des loups et des lions que la magicienne avait apprivoisés.). Circé invita les Grecs dans son palais, et ils acceptèrent. Seul l’un d’entre eux, Euryloque, se méfia et retourna prévenir Ulysse.
Ce dernier se rendait à son tour au palais de la magicienne quand Hermès lui apparut. Il l’informa que ses compagnons avaient été changés en porcs, puis lui donna un antidote, une plante nommée moly. Ulysse rencontra alors Circé, qui tenta de le changer lui aussi en cochon. Cependant, comme le Grec était immunisé, il obligea la magicienne à rendre forme humaine à ses compagnons. Circé, éprise d’Ulysse, accepta, et rendit forme humaine au Grecs.
Par la suite, ces derniers restèrent sur l’île pendant un an. C’est au cours de cette période qu’Ulysse et Circé conçurent plusieurs enfants : Télégonos, Latinos et Agrios.    
Finalement, les Grecs décidèrent de repartir. Sur les conseils de Circé, ils entreprirent un voyage vers le pays des Cimmériens, sur le bord de l’océan, afin de rencontrer les ombres des morts (et en particulier l’âme du devin Tirésias, le seul à pouvoir révéler à Ulysse le moyen de rejoindre enfin sa patrie.).
Arrivé sur les lieux, Ulysse creusa une fosse, fit des libations[6] en l’honneur d’Hadès et de Perséphone, puis leur sacrifia un bouc et une brebis. Le sang des animaux coula dans le trou, et les âmes des morts vinrent s’en repaître. Après avoir bu, Tirésias parla : il raconta qu’Ulysse et ses compagnons s’étaient attirés les foudres de Poséidon, pour avoir aveuglé son fils, le cyclope Polyphème ; il l’informa que sa femme étaient entourée de prétendants, qui déshonoraient son nom ; il lui recommanda de ne pas toucher aux troupeaux d'Hélios, dans l'île de Thrinacie, sous peine de ne jamais revenir en Grèce ; et finalement il lui révéla qu’il n’apaiserait Poséidon qu’après avoir rencontré une peuplade ne connaissant pas la mer, puis faire un sacrifice en l’honneur du dieu. Tirésias se retira alors.
Par la suite, Ulysse vit les ombres de sa mère Anticlée, morte de chagrin après l’avoir attendu pendant de longues années (elle lui annonça que Pénélope lui était restée fidèle.) ; il rencontra certains de ses anciens compagnons morts lors du voyage vers Ithaque (en particulier Elpénor, un Grec qui était mort accidentellement sur l’île d’Aea, et qui n’avait pas reçu de sépulture.) ; il vit aussi de nombreux héros grecs, Agamemnon (qui lui préconisa de se méfier à son retour chez lui.), Achille, Ajax le Grand (qui, toujours vexé, refusa de lui adresser la parole.), ainsi qu’Héraclès. 
Par la suite, Ulysse et ses compagnons retournèrent sur l’île de Circé afin de donner une sépulture à Elpénor, puis repartirent.
 
            7° Les Sirènes, le troupeau d’Hélios, Calypso – Le navire d’Ulysse approcha alors de l’île des Sirènes[7]. Ces dernières chantaient merveilleusement bien, et attiraient les marins de passage, qui sautaient alors à l’eau. Sachant le danger qu’elles représentaient, Ulysse donna alors l’ordre à ses hommes de se boucher les oreilles à l’aide de tampons de cire. Quant à lui, il ordonna aux Grecs de l’attacher au mât, car il voulait entendre le chant des Sirènes (il précisa à ses hommes que ces derniers devraient resserrer ses nœuds s’il leur ordonnait de le détacher.).

Ulysse résistant au chant des sirènes, représentation figurant sur un vase grec du VI° siècle avant Jésus Christ, Altes museum, Berlin (à gauche) ; Sirène, vase grec du VI° siècle avant Jésus Christ, Petit Palais, Paris (à droite).
Le navire d’Ulysse et ses compagnons passa ensuite près de la grotte dans laquelle vivait Scylla, un monstre marin à six têtes et douze pieds, une ceinture de têtes de chiens autour de la taille. La créature dévora six Grecs, mais le reste de l’équipage parvint à s’échapper.
Par la suite, le navire dut aborder sur l'île de Thrinacie, porté par des vents contraires, et les Grecs y furent immobilisés pendant un mois. Les hommes ayant remarqué le troupeau qui paissait là, ils demandèrent à Ulysse d’égorger quelques unes de ses bêtes afin de les manger. Ce dernier refusa fermement, se souvenant de la prophétie du devin Tirésias.
Cependant, les Grecs passèrent outre les ordres d’Ulysse, et s’attaquèrent au troupeau d’Hélios. Après avoir fait bonne chère, les Grecs repartirent. Cependant, Hélios, qui avait tout vu, demanda à Zeus d’élever une tempête pour se venger des Grecs. Le navire sombra alors dans les flots, et tous les compagnons d’Ulysse périrent.
Ce dernier parvint cependant à survivre, liant le mat et la coque de son vaisseau. Partant à la dérive, le radeau d’Ulysse fut ensuite englouti par Charybde, un gouffre marin. Ulysse réussit alors à s’agripper à un arbre qui surplombait le gouffre, jusqu’à ce que son radeau ressurgisse des eaux. Dix jours après, il échoua sur l'île d’Ogyde, où résidait l’Océanide Calypso, fille du Titan Atlas. Cette dernière, qui tomba sous le charme d’Ulysse, voulut en faire son époux et le rendre immortel. Ulysse resta sur l’île pendant sept années, sans pouvoir partir.
 
8° Les pérégrinations maritimes d’Ulysse, les Phéaciens – Les dieux étaient alors rassemblés sur l’Olympe, et discutaient à propos d’Ulysse, profitant de l’absence de Poséidon (parti festoyer en Ethiopie.). Athéna insistait pour que le Grec puisse rentrer chez lui. Finalement, Zeus accepta, et envoya le dieu Hermès auprès de Calypso, afin que cette dernière laisse partir Ulysse.
Ce dernier partit sur un radeau fabriqué de ses propres mains. Zeus avait annoncé qu’Ulysse accosterait sur les côtes de Phéacie après vingt jours de voyage. Seulement, Poséidon rentra dans le dix huitième jour de voyage du Grec. Se rendant compte qu’Ulysse avait prit la mer, il provoqua une tempête qui détruisit la frêle embarcation.
Aidé par Athéna, Ulysse nagea pendant deux jours, et arriva finalement en Phéacie. Exténué, il s’allongea dans des buissons.
Le lendemain matin, il rencontra des jeunes femmes venues laver le linge royal. Cachant da nudité avec des branchages, il s’approcha de Nausicaa, la fille d’Alcinoos, roi des Phéaciens. Après que la jeune femme lui eut prêté quelques vêtements, Ulysse vint présenter ses hommages à la reine Arété (mais sans révéler toutefois son identité.). Le souverain l’accueillit alors avec les honneurs, acceptant de le ramener à Ithaque.
Le lendemain, le roi organisa des jeux, et le soir, Ulysse fut invité à un banquet. Au cours du repas, un aède chanta des épisodes de la guerre de Troie, comme la prise de la ville à l’aide du cheval de Troie. Ulysse révéla alors son identité, et raconta à ses hôtes les aventures qu’il avait vécues ces dix dernières années. La jeune Nausicaa s’éprit d’Ulysse, mais ce dernier avait une trop grande envie de rentrer chez lui.      
Le lendemain, les Phéaciens lui offrent un navire et un équipage, ainsi que quelques présents. Le soir, après un banquet, Ulysse quitta ce peuple pour rentrer à Ithaque. Il arriva dans son pays dans la nuit, et les Phéaciens l’y laissèrent endormi à côté des présents d’Alcinoos. Mais, lorsque les marins prirent le chemin du retour, Poséidon, furieux que les Phéaciens aient aidé son ennemi, changea le bateau en pierre.
 
            9° Le retour à Ithaque – Au petit matin, Ulysse fut accueilli par Athéna, qui avait revêtu l’apparence d’un berger. Elle lui donna l’apparence d’un mendiant, l’informa des manigances de ses prétendants, et lui conseilla de se rendre chez Eubée (qui était un porcher, loyal à Ulysse.). Alors qu’Athéna allait chercher Télémaque, de retour de Sparte, Ulysse, sans se faire reconnaître, fut bien accueillit par son ancien serviteur (il se fit passer pour un Crétois ayant combattu contre Troie, ayant des nouvelles d’Ulysse.). Eubée le mit alors au courant de se qui se passait à Ithaque : les prétendants de Pénélope, près d’une centaine, s’étaient installés au palais, et insultaient quotidiennement la reine et son fils. Le père d’Ulysse, Laërte, honteux de voir comment les richesses du royaume étaient dilapidées, avait préféré se retirer dans une cabane en pleine campagne.
Télémaque arriva ensuite auprès d’Ulysse (qui ne révéla pas son identité.), et lui souhaita la bienvenue. Eumée quitta ensuite les deux hommes pour annoncer à la reine Pénélope que son fils était de retour. C’est alors qu’Ulysse révéla son identité à son fils, et ensemble, ils élaborèrent un plan contre les prétendants. Eumée revint alors, et Ulysse reprit son apparence de mendiant.
Le lendemain, Télémaque se rendit auprès de sa mère, afin de l’informer qu’Ulysse avait été absent longtemps car il était retenu sur l’île de Calypso (mais il ne lui révéla pas son retour.).
Ulysse, quant à lui, se rendit au palais, où il trouva son fidèle chien, Argos, qui mourut en le reconnaissant. Toujours sous son déguisement de mendiant, il s’approcha de la salle où se trouvaient les prétendants, et fut accueillit par des quolibets.
Retrouvant Télémaque, ils mirent leur plan à exécution, enlevant toutes les armes présentes dans la salle. Ensuite, Ulysse, toujours déguisé, eut une conversation avec Pénélope, disant qu’il avait des nouvelles de son mari. Alors la reine lui raconta comment elle avait réussi à faire patienter ses prétendants : elle leur avait promis d'épouser l'un d'entre eux le jour où elle aurait terminé de tisser un linceul à l’attention de Laërte, le père d’Ulysse ; toutefois, si Pénélope se mettait à l'ouvrage chaque jour, chaque nuit elle le défaisait afin de repousser l'échéance.   
   

Pénélope attendant Ulysse, V° siècle avant Jésus Christ, Altes museum, Berlin.
Puis Pénélope demanda à sa servante, la vieille Euryclée, de laver les pieds du mendiant. Ce faisant, elle aperçu la cicatrice qu’Ulysse portait à la cuisse, qu’il s’était faite suite à un accident de chasse[8]. La vieille femme reconnut tout de suite son roi, mais accepta de garder le silence à la demande d’Ulysse.
C’est alors que Pénélope annonça l’épreuve que ses prétendants auraient à passer s’ils voulaient l’épouser : il faudrait parvenir à bander l'arc d’Ulysse[9], puis envoyer une flèche à travers les trous de douze fers de hache disposés à la file.
Alors que les prétendants se précipitaient sur l’arc, tentant en vain de le bander, Ulysse révélait son identité à Eubée et au bouvier Philoetios, qui fermèrent les portes du palais.
Télémaque insista alors pour que le ‘mendiant’ ait l’honneur d’essayer. Les prétendants se moquèrent à nouveau d’Ulysse, mais qui néanmoins acceptèrent. Ulysse banda alors l’arc, et découcha une flèche à travers les douze trous. D’une flèche, le roi d’Ithaque abattit alors Antinoos, le plus arrogant des prétendants. Télémaque et les deux serviteurs d’Ulysse prirent alors les armes, et massacrèrent les prétendants rassemblés dans la salle. Une fois que ces derniers furent tous éliminés, Ulysse et Télémaque pendirent aussi les servantes qui avaient été complaisantes avec les prétendants. Le palais fut aussi recouvert de souffre afin de le purifier.

Ulysse éliminant les prétendants de Pénélope (recto), prétendant assassiné par Ulysse (verso), représentation figurant sur un vase grec du V° siècle avant Jésus Christ, Altes museum, Berlin.
Ulysse vint alors retrouver son épouse, qui doutait encore du retour de son mari, après vingt ans d’absence. C’est alors qu’il partagea avec elle un secret qu’ils n’étaient que deux à connaître : le pied de leur lit, qu’Ulysse avait fabriqué, était taillé dans le tronc d'un arbre encore enraciné dans le sol. Reconnaissant alors son époux, elle tomba dans ses bras.
Le lendemain, le roi d’Ithaque rendit visite à Laërte, son père, accompagné par ses fidèles serviteurs. C’est alors que les familles des prétendants voulurent se venger, attaquant Ulysse et se compagnons. Laërte, qui était vieux et faible, retrouva une nouvelle jeunesse grâce à Athéna : d’un coup de lance, il tua Eupithès, le père d’Antinoos. Finalement, les familles des prétendants s’enfuirent, et Ulysse renonça à les poursuivre. C’est ici que se termine le récit de l’Odyssée d’Homère.
 
            10° La mort d’Ulysse – Les légendes sont très nombreuses concernant les derniers jours du roi d’Ithaque.
La plus répandue de ces histoires raconte qu’Ulysse fit ce que lui avait conseillé le devin Tirésias, et partit donc à la recherche d’un pays qui ne connaissait pas la mer. Portant une rame sur ses épaules, il rentra tant à l’intérieur des terres qu’un jour il rencontra un autochtone lui demanda pourquoi il portait une rame. Ulysse planta alors son fardeau dans le sol, puis sacrifia un bélier, un taureau et un sanglier à Poséidon. Il se réconcilia ainsi avec le dieu, puis retourna à Ithaque où il eut une fin de vie longue et paisible.
D'autres légendes racontent qu’il fut tué par Télégonos, un fils qu'il avait eu avec la magicienne Circé. Cette dernière aurait envoyé son fils à la recherche de son père, mais Télégonos, lors d'un raid contre Ithaque, l'aurait tué par mégarde d'un coup de lance. 
Quand Pénélope apprit qui était Télégonos, elle l'accompagna jusqu'à l'île d'Aea, où elle décida d’enterrer Ulysse. Par la suite, Pénélope épousa Télégonos, et Circé épousa Télémaque.
D’autres versions existent encore, comme quoi Ulysse aurait rejoint un pays lointain dont il serait devenu le roi ; quelquefois les récits racontent que les familles des prétendants citèrent Ulysse en justice, puis qu’il fut jugé et exilé par Néoptolème.



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MessagePosté le: Mer 18 Sep - 10:02 (2013)    Sujet du message: Publicité

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Virgo no Blade
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MessagePosté le: Mer 18 Sep - 12:31 (2013)    Sujet du message: Mythologie grecque Répondre en citant

Waooooooo, ça m'as pris 45 minutes pour tout lire ! Super boulot en tout cas Mr. Green
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Orlare
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MessagePosté le: Jeu 19 Sep - 02:32 (2013)    Sujet du message: Mythologie grecque Répondre en citant

Très intéressant et riche Camus, bravo pour tout le travail Okay
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Gloria Frederici
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MessagePosté le: Jeu 19 Sep - 16:58 (2013)    Sujet du message: Mythologie grecque Répondre en citant

Cela ne m'étonne pas que cela soit un travail de qualité car les fan de Saint seiya sont les Seigneurs de la Mythologie Greco-romaine.
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Il y a deux manières de combattre, l’une avec les lois, l’autre avec la force. La première est propre aux hommes, l’autre nous est commune avec les bêtes. Nicolas Machiavel
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:59 (2016)    Sujet du message: Mythologie grecque

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