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Le pays des île volantes.

 
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Esus
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MessagePosté le: Sam 18 Jan - 10:02 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Voilà une histoire sur laquelle je bosse depuis pas mal de temps. J'en étais arrivé à quatre chapitres quand j'ai décidé de tout reprendre pour développer d'avantage l'histoire. Cette histoire n'a rien à voir avec Saint Seiya mais si quelques un(e)s parmi vous pouvaient me donner leur avis, merci d'avance.  
 
 
J'avance vraiment lentement car j'essaye de développer au maximum mais je rencontre des difficultés et j'ai mes propres limites que j'essaye repousser toujours plus à défaut de pouvoir les dépasser.  
 
 
Pour l'instant je vous propose le prologue et le premier chapitre.  
 
 
Le pays des îles volantes.  

 

Prologue. 

 
 



Tout commença avec une ombre, une ombre mouvante, qui semblait perdue dans les ténèbres. Longtemps, il observa, cette forme lointaine, hésitante et sans but. Jusqu’à l’instant fatidique où la réalité se révéla. Il n’y avait pas là qu’une ombre, il y avait bien plus. L’ombre, à défaut de l’identifier pleinement, portait en elle, dans son cœur, les ténèbres les plus sombres qui pouvaient exister. Elle était maintenant toute proche, et elle ressentit aussi sa présence. Il était seul avec elle, dans un espace vide de toute lumière, plongé depuis toujours dans l’obscurité. L’espace était vide, abandonné de tout, aucune lumière, aucune brise, aucun espoir. Tout était lourd, pesant, dans ce monde pourtant immatériel, tout était glacé, tout était brisé.


 


L’ombre, elle m’attire malgré moi 

 


De l’ombre, il émanait comme une odeur particulière, une senteur qu’il était impossible de définir. Cette ombre était au-delà de la compréhension humaine, impossible de l’identifier, elle ou ses composantes. Cependant, dans un effort difficile de concentration, il sentit qu’elle avait pour origine l’union de deux forces. L’une, bien qu’inconnue, venait des Deux Mondes, de son univers ; l’autre, inconnue elle aussi, semblait surgir de nulle part. Mais les deux forces étaient liées, derrière ce mystère, il existait une dimension inaccessible à la raison, c’était pour lui, totalement inexplicable.


 




Qui es-tu ?  

 


Il avait questionné l’ombre. Il ne s’attendait pas à une réponse, et pourtant grande fut sa surprise quand celle-ci se manifesta.


 


Je suis celui qui possède le pouvoir.  

 


Bien que la réponse demeura incomprise, il avait avancé dans son objectif d’élucider ce mystère. L’ombre était conscience, pensante, elle était un acteur agissant, qui suivait un plan précis.


 




Je vais te montrer.  

 


Il y eut comme une explosion. Une vague encore plus ténébreuse que l’ombre, envahit l’espace immatériel. La souffrance le submergea. Le choc fut terrible que son esprit faillit se déchirer et disparaître. Au dernier moment il avait mobilisé toute sa force pour dresser comme une sorte de barrière pour résister à cet assaut soudain. Il eut besoin de temps, pour de nouveau penser. Il était fatigué, considérablement affaibli par l’attaque de son adversaire.


 



Ombre, tu es capable de déchirer l’immatériel. Mais quel est donc ce pouvoir ? 




Je l’ai dit, je possède le pouvoir. Et dans cet espace, mon pouvoir est sans limite. Je peux commander, créer et détruire mais je peux aussi plier, déformer et déchirer.  




Ce pouvoir n’est que la manifestation de ton âme maléfique, je peux percevoir ta nature, ta volonté. Ta forme, ta couleur, ne sont que la manifestation de l’aura obscure qui provient de ton cœur corrompu. 




Que recherches-tu inconnu ? Es-tu simplement tombé ici bas pour me provoquer ? 




Dans ce monde, hanté par ton ombre, je suis tombé en quête de réponse.
 


Des réponses ? Si tu veux, je peux te donner un aperçu de l’avenir des Hommes.
 



* 
 



Et d’étranges visions apparurent. C’est prisonnier des visions qu’il compris qu’il était la proie de l’ombre. Ainsi nommait-il cette menace qu’il ne pouvait identifier. Et l’ombre n’était pas un simple cauchemar. Elle le faisait souffrir consciemment. Il comprit son objectif, elle cherchait à le briser. Ainsi lui montra-t-elle des images de destruction qui se succédèrent rapidement. Ainsi contempla-t-il, bien malgré lui, des corps ensanglantés, des guerres et des épidémies. Ces fléaux touchaient l’humanité avec violence, les villes brûlaient. Désertées, elles n'étaient plus que des ruines, sans personne pour les faire renaître de leurs cendres. Malgré toute l’horreur de ces visions, il les contempla avec attention, bien décidé à identifier le moindre signe qui lui permettrait d’avoir une meilleure appréhension de la situation actuelle. Et l’ombre changea de tactique. Il entendit les cris et les pleurs, il ressentit la souffrance et la peur. Il ressentit son propre effroi, celui que de rester prisonnier dans ces visions. Il tenta un retrait, mais l’ombre s’en aperçut, elle contre-attaqua. Il sentit alors comme une rupture brutale et totale dans les forces qui équilibraient les Deux Mondes. Une vague de haine le submergea, puis, une tristesse infinie. Il semblait impossible, pour un être vivant, de ressentir une tristesse si profonde. Et pourtant, elle existait, ou du moins, un jour elle existerai. La souffrance semblait provenir d’une perte, et soudain, le sentiment changea. De la tristesse naquit la colère. Mais notre homme ignora cette colère pour se concentrer sur l’abattement qu’il avait ressenti juste avant. Il comprit que la tristesse ne pouvait pas venir de l’ombre, il y vit un signe, mais surtout une erreur de son étrange adversaire. L’ombre le comprit aussi, elle se retira, disparaissant en même temps que les visions funestes. Et la calme succéda aux horreurs qu’il avait contemplées et enfin il se réveilla.


 



* 
 



L’orient s’était embrasé, une île volante poussée par une force inconnue creva les nuages qui se dispersèrent bientôt dans l’immensité du ciel. Les premiers rayons du soleil réchauffaient doucement la fraîche atmosphère matinale. Cette bande de terre flottante dans le ciel n’était pas unique, elle faisait partie de tout un ensemble d’îles de tailles diverses, allant et venant dans l’éther. Il s’agissait là du plus grand mystère du monde, nul ne pouvait expliquer l’origine étrange de ces îles, pas mêmes les mages et les érudits. Ainsi était le monde, une immense terre survolée par des îles. Le Monde d’en Bas était celui du peuple et le Royaume des Cieux était le domaine des nobles et de leurs serviteurs, il en était ainsi depuis toujours. 




Cependant cette île là était quasiment déserte et connue que d'un très petit nombre de personnes. On y trouvait pour seule construction, un vieux château délabré. Les murs écroulés depuis longtemps étaient recouverts de mousse, et seule une tour osait encore se dresser fièrement vers le ciel, et ce malgré les nombreuses fissures qui la zébraient. 


Dans une chambre de cette tour, un vieil homme s’éveilla après deux jours et deux nuits de méditation et de cauchemars. C’était un homme de petite taille, à la peau claire et ridée, parfois tachetée. Son visage, fin mais marqué par son existence trop longue, était dominé par une longue chevelure grise, et par une barbe du même genre. Le tout était complété par une petite bouche et un nez légèrement crochu. Il était vêtu d’un large manteau gris pâle. Son regard vif engloba la petite pièce dans laquelle il se trouvait. C’était une pièce austère, éclairée par les premiers rayons du soleil, qui pénétraient les lieux par l’unique fenêtre de l’endroit. Les murs et le sol étaient dénudés et sombres. Le mobilier lui-même était très pauvre. Le vieillard se trouvait sur une simple couche posée à même le sol. Outre la couche, une chaise en bois en mauvais état supportait une bassine d’eau froide ; un miroir fissuré était en appui sur l’un des pieds de la chaise. Le vieil homme se redressa avec lenteur. Il semblait encore absent, comme si une partie de son esprit était demeurée dans le monde de ses rêves. Il resta un instant immobile, puis, il se leva subitement. Il s’approcha de la bassine, trempa ses mains dans l’eau froide et les passa sur son visage. L’eau froide lui fit un bien fou, l’aidant définitivement à réintégrer ce monde. Il contempla un instant son reflet dans le miroir fissuré, puis, il ouvrit la porte pour quitter la pièce. C’était une vieille porte en bois, fermant à peine. Il ne peina guère pour l’ouvrir. Enfin dehors, il descendit le long de l’escalier à colimaçon. Les marches de pierre étaient inégalement taillées, elles étaient vieilles, pour certaines, il était dangereux de marcher dessus. Le vieil homme prit tout son temps, et dès qu’il fut en bas de la tour, il en sortit pour profiter de la beauté du matin. 




Alors que le ciel revêtait sa robe flamboyante et que les ténèbres reculaient doucement, le vieil homme sortit seul des ruines du château. Il allait pieds nus, appréciant le contact de l’herbe fraîche et humide du matin sur sa peau usée et sèche. Il alla se placer au bord de l’île, à la frontière de la terre et du vide, son regard se porta vers le bas. Malgré la distance qui séparait ces mondes, il contempla  à sa guise les faits et gestes d’en bas. Il n’y avait là aucun voyeurisme, ni aucune curiosité mal placée. Mais contempler les petits gestes du quotidiens des plus humbles, permettait à notre homme de retrouver une certaine sérénité. Mais très vite notre homme se perdit dans ses pensées, il revoyait encore et encore les images terribles qu’il avait contemplé ces dernières heures. Et c’est l’esprit ailleurs et le visage tiraillé qu’il ne se rendit pas compte de la venue du deuxième homme présent sur l’île. 




Le second personnage se nommait Agilulf. Jadis, il avait été le premier disciple du vieillard, et bien que plus jeune que lui, le poids des années pesait également sur ses épaules. Tous deux étaient des magiciens. Les magiciens possédaient une certaine maîtrise des forces naturelles. Ils pouvaient puiser de l’énergie tout autour d’eux, manipuler partiellement les éléments, jeter des sorts. Ce contrôle leur donnait aussi une longue vie. Agilulf ressemblait à son maître, mais en plus jeune. Ses cheveux et sa barbe, bien que grisonnants, étaient encore châtains. Agilulf jeta un bref regard à son maître, jamais il n’avait vu son visage si inquiet, si torturé. Son maître ferma les yeux, son visage toujours aussi concentré était maintenant parcouru de soubresaut.


 





-Une force sombre et froide, et qui a la couleur de l’ébène. Une puissance manipulatrice,  un véritable concentré de malveillance … Diverses possibilités, différents avenirs possibles mais un seul final …


 



Agilulf ne répondit pas, son maître marmonnait pour lui-même, perdu dans ses propres pensées, il cherchait visiblement à combattre son angoisse grandissante. Visiblement, le vieil homme avait conscience d’un danger terrible qui menaçait les Deux Mondes. Continuant à marmonner pour lui-même, ses paroles devinrent incompréhensibles. Alors qu’il semblait sur le point d’entrer en transe, Agilulf lui posa sa main droite sur son épaule gauche et le secoua légèrement.


 




-Maître ? Erwig, qu’avez-vous ?  

 


Et le dénommé Erwig revint une fois de plus à la réalité. C’est quelque peu hagard qu’il constata la présence de son ancien élève et ami.


 



-Sombres ont été mes songes mon ami. Ne ressens-tu pas cette force obscure, cette ombre qui plane sur nos mondes et qui envahit tout ce qui existe ? 




-Mais quelle force ? 




-Une force qui est là depuis toujours, mais que je ne sens qu’aujourd’hui.


 



Le vieil homme eut un sourire las, baissant les épaules comme pour montrer son impuissance.


 



-Je suis vieux mon ami, trop vieux. Les années ont été dures avec moi, et maintenant que les Deux Mondes ont besoin de ma force, il se peut que je disparaisse bien avant le grand dénouement. 




-Vous … vous ne pouvez pas dire ça maître. Vous … 




-Je ne suis qu’un homme. Un vieil homme. Cependant, même si mon pouvoir faiblit, je suis encore le seul à percevoir certaines forces et leur combat. Je pense aussi avoir décelé le signe d’un espoir …
 


-Que voulez-vous dire ? 




-Que j’ai un pressentiment. Celui que le sort des mondes n’est plus entre nos mains, du moins, plus entre les miennes. Si seulement … 




-Si seulement quoi maître ?


 



-Si seulement je pouvais me souvenir de ma première vie. Celle d’avant celle-ci. Celle d’avant ma perte de mémoire et du commencement de notre ère … tout est lié mon ami, tout est lié, et cette force étrange qui aujourd’hui menace, n’est qu’une nouvelle manifestation de l’ennemi d’antan. Je maudis ces siècles passés dans l’oisiveté.


 



Trouvant qu’Erwig était bien dur avec lui-même, Agilulf ne rétorqua pas. Cependant, son maître avait attisé en lui une certaine curiosité.
 


-Maître, vous avez parlé d’un espoir. 




-Hum. Oui c’est vrai. Plus d’une piste, d’une voie possible à emprunter pour mener à bien le combat qui sera le nôtre. 




-Mais quel espoir ?




-Pour dire vrai, je n’en sais rien. Encore une fois, il ne s’agit que d’un simple pressentiment. J’ai eu une impression mon ami, celle que dans le Monde d’en Bas, il existe quelqu’un, ou quelque chose … capable de protéger les mondes.


 



-Et qu’allez-vous faire ? 




-Je vais partir. Se sera peut être mon ultime quête, mais je dois la mener à bien.




Le silence s’installa. Et cette fois, il dura quelques minutes. Les deux hommes contemplèrent le ciel et le Monde d’en Bas, profitant de l’instant présent, de cet instant de calme. 




-Tout paraît si calme, si normal, déclara soudain Agilulf, on a du mal à croire qu’un terrible danger puisse menacer nos mondes.




-Cette force est à peine décelable mon ami. Elle vient de nos mondes mais aussi d’au-delà des ultimes frontières.


 



Et le silence revint. Il était pesant, et l’inquiétude grandit dans le cœur d’Agilulf. Lui qui était, après son maître, le plus puissant dans la magie, il ne parvenait pas à sentir ce danger. Seul Erwig pouvait la percevoir, mais il arrivait au soir de son existence. Il en avait encore pour quelques années sans doute, mais sa puissance et sa maîtrise allaient en déclinant. Plus que de l’inquiétude, il y eut un moment de désespoir. Cependant, même si cette sensation devait perdurer, Agilulf avait foi en son maître. Et s’il y avait un espoir, Erwig avait toutes ses chances pour le trouver. L’espérance de son maître devenait la sienne, et le courage chassa l’effroi.


 



-Vous allez arpenter le Monde d’en Bas, que puis-je faire pour vous aider ? 




-Il faut observer. Cette force qui menace agira bientôt dans les Deux Mondes, il faut guetter les signes montrant une rupture de l’équilibre. Telle sera la mission que je confie à toi et aux tiens. Parcourez les mondes, observez et écoutez. Nous nous reverrons pour le Conseil, et si jamais nous avons glané suffisamment d’informations, alors il sera peut être possible de prendre enfin une décision.


 



Agilulf acquiesça silencieusement. L’heure était au départ. Les deux hommes se saluèrent chaleureusement. Puis ils appelèrent à eux leur monture, deux superbes pégases, des chevaux ailés, qui descendirent du ciel. Une fois leur cavalier sur leur dos, les deux animaux s’élevèrent avec grâce. Il y eut un ultime salut et enfin, chacun prit une direction séparée. Le pégase d’Erwig descendit d’abord vers le Monde d’en Bas en cercle concentrique avant de disparaître totalement en partant vers l’horizon. Longtemps Agilulf regarda la direction prise par son maître, l’homme ressentait comme une sorte de malaise étrange et indéfinissable. À la différence de son maître, il ne pouvait pas ressentir le côté manipulateur de cette force nouvelle qui venait troubler ce monde, un instant il eut pour crainte que son propre mentor puisse être le jouet de cette puissance, sans que celui-ci ne puisse rendre compte. Finalement, il trouva cette idée stupide, le grand Erwig ne pouvait pas se laisser avoir ainsi, il était le plus puissant parmi les sages, celui qui avait déjà livré bataille jadis contre cette horreur encore inconnue menaçant le monde. Et même si cet homme exceptionnel n’en avait plus le moindre souvenir, cela ne faisait aucun doute qu’il saurait encore combattre et protéger à la fois le Royaume des Cieux et le Monde d’en Bas. Et c’est avec une assurance nouvelle, qu’Agilulf commanda son pégase, ensemble, ils partirent pour une école très spéciale, le centre de formation des magiciens des Deux Mondes.


 



* 

 
 



Le pégase d’Erwig venait juste de se poser sur le Monde d’en Bas. Le vieux sorcier savait qu’il devait chercher sur ce monde et non dans l’autre. Mais chercher quoi ? Il ne savait pas. Il essaya une fois encore de se souvenir de ce passé vieux de plus de mille ans, en vain. Pour le moment il ne pouvait que se baser sur quelques impressions. La menace étrange qui pesait sur les Deux Mondes semblait venir à la fois d’au-delà les limites de cette terre et en même temps de l’intérieur. Une impression plutôt étrange que le vieil homme ne parvenait pas à interpréter. Cette sensation était source d’inquiétude, un sentiment qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps. 




Son amnésie aussi l’inquiétait. Il avait l’impression que dans son passé se trouvaient des réponses à certaines de ses questions. Il avait déjà combattu une menace similaire et il avait survécu. Mais pourquoi ne parvenait-il à retrouver la mémoire ? Une force étrangère et lointaine semblait lui bloquer l’accès aux portes de son passé. Une force aussi menaçante que cette menace ressentie. Ces deux forces étaient-elles de connivences, la même ou ennemies, il l’ignorait là encore. 




Autre mystère, il savait que quelque part sur ce monde, se trouvait un être dont un jour dépendrait le sort des deux mondes. Un être d’une puissance inégalable, quelqu’un qui pourrait être le sauveur ou bien la fin. Le simple fait de le savoir l’inquiétait tout autant que le reste. D’où tirait-il cette connaissance ?
 

_________________
Prosternez-vous devant votre dieu

Tueur de Pope depuis 1973


Dernière édition par Esus le Lun 20 Jan - 21:15 (2014); édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 18 Jan - 10:02 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Esus
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MessagePosté le: Sam 18 Jan - 10:02 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Première partie : le quotidien de chacun.


Chapitre un : la vie dans un village comme parmi tant d’autres.



Tous les étés, le même rituel se répétait. Dans les campagnes du Monde d’en Bas, le temps était celui de la moisson. Il était toujours aussi spectaculaire de voir les champs, au matin, se couvrir de travailleurs, qui se hâtaient pour profiter du temps favorable et la fraîcheur. On travaillait le matin, on se reposait l’après-midi quand le soleil et la chaleur avaient raison des forces des hommes et des femmes, puis, le soir, le travail reprenait. On pouvait travailler jusqu’à très tard, grâce au lent déclin de la lumière d’été. 


La vie des humbles était dure, mais les champs étaient beaux et soignés. Ils étaient entourés par des haies, des ronces ou des barrières, surtout ceux qui étaient proches de la forêt, il était nécessaire de les protéger de la venue des animaux sauvages. En plus d’entretenir les champs, il fallait préserver et veiller sur ces « enceintes », mais le jeu en valait la chandelle, et les récoltes subissaient rarement les assauts des bêtes. 


La moisson était une période intense et fatigante, mais elle était aussi un moment privilégié de l’année du calendrier agricole. Il y avait tant à faire, organisation et solidarité étaient le pivot principal d’une moisson pleinement réussite, ainsi que la base de la société paysanne. Car on savait s’entraider ici bas, un champ était certes géré par une famille, mais il était récolté par tout un groupe. Une fois le champ terminé, on passait au suivant, puis encore à un autre et ainsi de suite. 


Il y avait de tout. Les familles cultivaient leur légume dans un jardin proche de leur demeure. Là, les gens cultivaient pois, fèves, carottes, céleri, tout le nécessaire pour préparer des soupes que l’on mangeait avec du pain. Les communautés paysannes s’occupaient aussi d’arbres fruitiers, qui, en général, se trouvaient plutôt à l’extérieur des villages. Les plantes médicinales, étaient laissées aux bons soins de personnes plus âgées, disposant des connaissances nécessaires pour veiller sur ce trésor absolument indispensable pour ces villages. Enfin, dans les champs, les paysans cultivaient des céréales. Blé, orge, froment ; tout le nécessaire formant la base de leur nourriture. 


Quand la moisson débutait, les tâches étaient partagées et tous venaient travailler. Les hommes coupaient les épis à l’aide d’une faucille. Les femmes ramassaient les épis pour les trier. Dans certaines communautés, on pouvait trouver une moissonneuse. Il s’agissait d’un outillage bien particulier, qui avait la forme d’une grosse caisse creuse. Elle était poussée par des bœufs, des piques arrachaient les épis qui s’en allaient dans la caisse. Que l’on moissonne avec faucille ou moissonneuse, les tiges étaient laissées dans les champs, et quand la récolte était terminée, on y menait les troupeaux qui se nourrissaient des restes. Enfin, la dernière étape consistait à brûler les chaumes sur la terre pour la fertiliser. 


Les épis, une fois récolté, étaient déposés sur une surface plane. Il était nécessaire de les battre avec un outillage spécial pour récupérer les grains. Le grain était ensuite conservé, et dans les mois qui suivaient, les meuniers s’occupaient de les moudre selon les besoins. 


Telle était la vie à cette époque dans ces communautés paysannes, une vie simple, parfois dure, mais incroyablement humaine, à la différence des tromperies et des mensonges d’un certain Royaume des Cieux. Ici bas les Hommes vivaient comme ils étaient, ils n’avaient besoin d’aucun masque, d’aucune barrière particulière. Ils étaient peut être dépendants des seigneurs, mais ils disposaient de la plus grande de toute les libertés : pouvoir être soi-même.





*



Le village de Jilat n’échappait pas à cette description. Communauté paysanne relativement importante, ce village était plein de vie en cette période des moissons. L’endroit était prospère, bénéficiant d’une bonne terre et de ressources abondante en eau. Il s’agissait d’un pays de basses collines à la terre fertile, entouré d’une sylve immense et mystérieuse. La contrée était traversée par une rivière sans nom, l’eau qui venait des montagnes lointaines, était d’une grande pureté. La rivière était suffisante pour satisfaire les besoins en eau de la communauté composée de paysans et de petits artisans ; les réserves en eau étaient complétées par des étangs, des lacs et des nappes souterraines. 


Le village s’était établi sur l’une des collines principales. Les maisons étaient longues mais bases, faites de bois et de chaume, cette dernière utilisée pour les toits des demeures. En tout on comptait une bonne centaine de ces bâtisses. Aux maisons s’ajoutaient d’autres constructions à usage public comme un petit hôpital, une taverne et un temple dans lequel se déroulaient les rites religieux exécutés envers les divinités de ce monde. L’hôpital était une vieille demeure. On y trouvait non loin un jardin d’herbe médicinale. Ce lieu était occupé par les grand-mères du village, ces femmes qui disposaient du savoir et de la sagesse, grande était leur expérience. Bien que vieilles et plus faibles, elles pouvaient encore soigner ou transmettre leurs connaissances, et cela suffisait à faire leur bonheur. Elles étaient utiles à la communauté. 


Le village était organisé le long d’une unique rue qui était en vérité la route serpentant à travers cette campagne et reliant les bourgades les unes aux autres. De chaque côté de la route se tenaient les bâtiments. Les artisans disposaient d’ateliers jouxtant leur maison. C’était donc un village de gens de basse condition, une vie pauvre peut-être mais rendue la plus confortable possible avec les moyens dont disposaient les habitants. Les longues demeures s’organisaient d’une façon à donner un plus grand espace possible aux occupants. 


Ce village, âgé de quelques siècles, était sous domination d’un seigneur, mais celui-ci venait rarement, bien plus humain que la plupart de ses pairs il ne cherchait pas à s’enrichir de façon abusive, ni même à vivre d’excès à partir des réalisations diverses des habitants. Ici on ne manquait jamais de nourriture, si la vie était des fois difficile elle n’était pas impossible et donc les familles l’acceptaient sans jamais protester. Si le seigneur n’était pas aimé de ses sujets il n’était pas détesté non plus, et ça, c’était un fait rarissime en ce monde. 


À Jilat, la moisson s’était achevée la veille. Cette journée était consacrée à diverses activités habituelles en cette fin de moisson, puis, elle devait s’achever sur une fête pour célébrer les récoltes. Les hommes s’occupaient des outils, nettoyant ou réparant selon les besoins. Les femmes avaient pour tâche de s’occuper du bétail et des volailles, tout en préparant la fête prévue pour la soirée. Enfin les jeunes, pour ceux qui étaient en âge de travailler, aidaient à ces tâches selon leur envie. Et certains pouvaient s’adonner à d’autres activités, comme rapporter des plantes sauvages à l’herborie, le bâtiment où étaient stockées et préparées les plantes médicinales. 


Deux jeunes gens, des adolescents du village étaient justement occupés à cette tâche. Un jeune garçon et une jeune fille, tous deux liés l’un à l’autre par une amitié profonde et sincère. Une amitié qui durait depuis toujours, depuis leur naissance et un présage rare, symbolisant une affection réciproque entre deux êtres. Car ces jeunes gens étaient nés le même jour et la même heure, pour les habitants de cette contrée, il s’agissait là d’un présage d’attachement éternel entre deux êtres. Le garçon était d’une taille moyenne et presque chétif. Il avait les cheveux sombres et courts, de petits yeux verts qui semblaient particulièrement éveillés. On pouvait discerner sur son visage un esprit vif et très développé. Il se nommait Wido et il était fils d’une famille de paysans. Son amie, Teia, fille du forgeron de Jilat, était très différente de Wido. La jeune fille était rêveuse, distraite mais jolie, elle avait de grands yeux de la couleur des matins quand le ciel est vaste, ses cheveux semblaient aussi éclatant que les métaux les plus précieux de ce bas monde, bref, Teia était un véritable symbole de beauté, sa grâce reconnue de tous et son charme sans pareil laissaient les jeunes gens rêveurs. Ils avaient bien entendu le même âge, tous deux âgés de la quinzaine. 


Malgré sa beauté, Teia était une jeune fille plutôt isolée. Les autres jeunes gens du village n’osant guère l’aborder de trop prêt, tout cela à cause de la profession de son père. Le forgeron avait une place prépondérante au sein de Jilat, comme dans tous les autres villages de la région, ce type d’artisan sachant dompter le fer et le façonner à sa volonté était craint et admiré des autres villageois, des fois on accordait à de telles personnes des pouvoirs surnaturels dont ils ne disposaient pas. En tout cas l’ouvrage des forgerons forçaient la considération du commun des mortels, ceux-ci étaient robustes, ils maniaient d’étranges outils, ils besognaient dans des antres obscures où luisaient d’étranges et inquiétantes braises. Les forgerons étaient les maîtres des métaux et du feu, ils savaient tenir les communautés sous leur autorité, pour les simplets ils apprivoisaient la foudre elle-même. Sans oublier qu’un forgeron était toujours quelqu’un de fort, et le père de la jeune Teia ne faisait pas exception, il était très impressionnant physiquement. 


Wido et Teia revenaient des abords de la forêt qui bordait Jilat. Ils avançaient gaiement, parlant fort et rigolant. Chacun portait dans ses bras un panier d’osier, on y trouvait des écorces de bouleau, de chêne et de pin. Marchant sur la route qui menait et traversait Jilat, il croisait de plus en plus de monde au fur et à mesure qu’il s’en rapprochait. L’ambiance générale étant à l’insouciance après l’intense travail des moissons, tous les saluaient, parfois d’assez loin. Les jeunes gens répondaient par des signes de tête, ne pouvant user dans leurs mains à cause de leur charge. Cependant, très vite, ils en revenaient à leur conversation, car entre eux régnait une véritable complicité plus forte que tout, et ensemble ils évoluaient parfois dans un univers autre que celui du monde réel. Et dans leur univers de jeunesse insouciante, l’herborie tenait une place spéciale. 


À la différence de la plupart des constructions de Jilat, l’herborie n’était adjacente d’aucune autre bâtisse. Cela la protégeait des incendies pouvant se déclarer dans les maisons de Jilat. Le toit était formé d'une charpente en bois recouverte d'ardoises, une exception pour Jilat, les toits étant pour la majorité en chaume. Les murs étaient en pierre, ce qui permettait de conserver la fraîcheur en été, préservant ainsi les produits entreposés. Wido et Teia aimaient tous deux se rendre dans l’herborie. 


L’intérieur de la maison avait quelque chose de mystérieux, presque magique. Il y avait déjà l’odeur. Ou plutôt, les odeurs provenant des différentes plantes et qui se mêlaient pour donner une sorte de mélange envoûtant. Certaines odeurs étaient douces et fraîches, comme la lavande par exemple, mais d’autres, comme la menthe poivrée, étaient plus fortes. On pouvait  percevoir presque toutes les senteurs du monde dans ce lieu, et c’était toujours avec respect et curiosité que l’on rentrait dans cette demeure. Et que dire du parfum des épices. Les vieilles femmes de Jilat, faisaient parvenir des épices de très loin, grâce à des commerçants qui avaient l’habitude d’arpenter des pays lointains et étrangers. Et ces épices avaient des senteurs bien particulières, il y avait quelque chose d’exotique, là aussi les effluves pouvaient être douces ou fortes. Rien qu’avec l’odeur des épices, les jeunes gens s’inventaient des rêves, ils se voyaient déjà, dans le lointain, visitant des terres inconnues et mystérieuses. 


Il y avait une pièce unique, gigantesque et très longue. Au milieu, se trouvait une longue table de chêne massif, c’était là que les anciennes du village préparaient potions, tisanes, pommades, encens, poudres … D’ailleurs, on y trouvait toujours quelques plantes dessus. Feuilles, fleurs, racines, tout était transformé par des mains expertes pour le bien-être de la communauté. En cette période des moissons, on pouvait y voir de l’écorce et des feuilles de saules pour les douleurs et la fièvre, mais aussi pin, sapin ou capucine pour les personnes touchées par une toux qui ne passait pas. De tous les côtés, se trouvaient des étagères et des meubles, là, étaient stockés les plantes selon leurs fonctions mais aussi leur forme, à savoir, racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits. 


L’herborie était l’antre des vieilles dames de Jilat. Wido et Teia aperçurent la doyenne du village, une dénommée Agathe, qui était d’un âge si avancé qu’elle semblait parfois plus morte que vivante. Elle se tenait assise, recouverte comme à son habitude d’un ample manteau noir, la capuche sur la tête. Cette grand-mère était aveugle, son visage était marqué par ses rides profondes. Cependant, elle était aussi la gardienne du savoir de Jilat, et malgré son âge, elle ne savait pas s’arrêter, elle aimait venir dans l’herborie pour partager ses connaissances et superviser le travail des autres vieilles dames. C’est avec joie que les deux jeunes gens constatèrent la présence d’Ermeline, qui leur avait enseigné la lecture et l’écriture pendant leur enfance. Elle était occupée avec un petit groupe d’enfants, de jeunes curieux, qui comme le firent jadis Wido et Teia, découvraient l’herborie pour la première fois.





- Couplées avec la magie, ces plantes peuvent être chargées des rêves, des craintes, des espoirs ou de la haine des Hommes. Car ces plantes, aussi bonnes soient-elles naturellement, néfaste peut en être l’usage. Ici, ces plantes ont une vertu médicinale. Rien de magique dans notre savoir, rien de merveilleux ou de surnaturel, juste un usage bénéfique des merveilles offertes par la nature, disait Ermeline. 


Et malgré une petite déception, les enfants restaient attentifs. Wido eut un petit sourire en coin, se rappelant sa propre réaction à l’époque. Lui qui avait espérer pénétrer dans un lieu où l’emploi de la magie devait être monnaie courante, il avait été attristé par la vérité. Cependant, la désillusion avait été vite remplacée par ses rêves d’enfants. Wido et Teia posèrent les paniers sur la table, après un petit geste de la main rapide envers Ermeline, ils sortirent.



*



Le banquet commença en début de soirée, il devait durer toute la nuit. Il y avait beaucoup à manger. Pour l’occasion, les rares propriétaires de bovins avaient tué quelques unes de leurs bêtes pour offrir la viande à la communauté. Le reste du repas était constitué des plats apportés par chaque famille. 


De grandes tables avaient été dressées, les familles apportaient leur vaisselle et chacun choisissait sa place. L’ambiance était détendue. Pour l’occasion, pour cette fête, le vin coula à flot et les fruits furent apportés nombreux sur les tables. On profitait ainsi, en grande quantité, de mets relativement rares ou raffinés. 


Entre chaque plat, se tenait une longue pause. Danses, scénettes ou simples conversations, jeux, exercices d’adresses comme du jonglage, concours divers comme des imitations, les habitants s’en donnaient à cœur joie. Des plaisirs simples qui leur permettaient d’oublier le dur labeur des moissons. Quand le soleil commença à décliner lentement sur l’horizon, de nombreuses torches furent allumées. Elles étaient si nombreuses à flamber, que l’on voyait presque comme en plein jour. Alors que les ténèbres de la nuit recouvraient la terre, le forgeron du village impressionna la foule en jouant avec le feu. Crachant des flammes immenses vers le ciel ou jonglant avec des massues enflammées, le père de Teia fut admiré des petits comme des grands, sincères furent les applaudissements à son égard. 


Les étoiles avaient depuis longtemps envahi le ciel quand les festivités prirent fin. Les familles regagnèrent leur maison, rapportant la vaisselle utilisée. Les tables restèrent en place, il était en effet prévu de nettoyer les restes de la fête le lendemain, ou plutôt le jour même, car les habitants se couchèrent si tard cette nuit, qu’il en était devenu tôt.





*



Peu à peu le ciel astré de la nuit laissa place au jour nouveau. Quelques petits nuages poussés par le vent apportèrent une pluie matinale, puis, le temps s’abeausit laissant place à un magnifique ciel azur. Le soleil s’éleva doucement, réchauffant de ses rayons ce monde, ce matin sublime et calme remplaça les ripailles de la nuitée passée. Quelques chants émanés des oiseaux s’élevaient avec le levé du jour, éveillant les habitants, qui alors en profitèrent pour se lever et s’apprêter à vaquer à leurs occupations quotidiennes. 


Ce jour là, devait être une journée de repos. Même si on ne chômait pas vraiment du fait des besoins des bêtes, cependant le comportement se faisait plus détendu, plus relâché. Après avoir exécuté quelques nécessités auxquelles on ne pouvait échapper les gens s’occupaient de diverses manières. Quelques uns se retrouvaient à la taverne, d’autres jouaient avec les enfants, certains s’amusaient, l’usage des cartes était répandu dans la région, d’autres s’en allaient pêcher, chasser, se promener. 


Tôt ce matin là, une fois que la pluie matinale eut cessée Wido quitta la demeure familiale et s’en fut vers la rivière en empruntant un petit sentier entretenu par sa famille et des amis proches. Marchant lentement dans un premier temps, puis courant par la suite il se précipita vers « son » endroit qu’il appréciait tant. Il s’agissait d’une petite zone au bord de la rivière dissimulée par quelques rochers du côté du village, de là il pouvait se soustraire à la vue de tous, alors que lui disposait de postes d’observations, pour admirer le ciel, la forêt voisine, les collines où se trouvaient les troupeaux de bovins, quelques moutons, des fois quelques chèvres, de là il pouvait voir aussi une partie des emblavures et dans le lointain quelques cimes à l’allure inexpugnable. Rares étaient ceux venant ici, à part lui-même et quelques camarades de son âge et encore, seulement quelques fois pour les autres, alors que lui avait déjà passé bien des heures à rêvasser ici même, il aimait s’imaginer des contrés étrangères inconnues et mystérieuses dans lesquelles se battaient âprement quelques seigneurs héroïques. Cette matinée il sut apprécier l’odeur du monde après la pluie. L’agréable senteur qui s’élevait doucement se mêlait à l’étrange magnificence du paysage, à la douceur d’une brise légère qui faisait danser les feuilles des arbres, à l’apaisant chant de l’onde. Le garçon resta un instant debout sans bouger sur une pierre pourtant glissante, les yeux fermés il apprécia cet ensemble, particulièrement l’action du vent qui lui massait les tempes. Quand il eut rouvert les yeux il porta son regard vers les collines, avec prudence il quitta la roche humide et après un dernier regard posé sur la rivière à la fraîcheur appréciable il décida de retourner au village. La journée de repos permettait réellement à la demeure de connaître une vie de famille, les autres jours servants aux tâches communautaires. Alors qu’il regagnait le sentier il se trouva soudain face à face avec un inconnu. 


Il s’agissait d’un vieillard fatigué à l’allure inoffensive. Il portait un chapeau usé et un long manteau gris de voyage. Il avait une barbe élégante contrastant avec le reste de son aspect et particulièrement avec sa longue chevelure grisâtre non organisée. Appuyé sur un bâton taillé dans un bois rouge de la taille d’un homme il semblait perdu avec son regard vide. Visiblement il n’avait pas remarqué le jeune garçon. Alors que ce dernier observait le vieil inconnu, l’étranger soudain porta sur lui un regard curieux.





-Bien le bonjour. 


-Bonjour seigneur, répondit le garçon.


N’oubliant pas les manières enseignées à Jilat il s’empressa d’ajouter : 


-Je me nomme Wido fils de Déodat du village de Jilat, pour vous servir mon seigneur. 


L’ancien plaça sa main droite au centre de son torse avant de s’incliner quelque peu en avant. 


-Je suis Erwig, simple voyageur en ce monde, heureux de te rencontrer jeune Wido fils de Déodat. 


-Voyageur ? Vraiment ?


-Bien sur. Non pas vagabonds mais voyageur, en ce monde, entre les mondes et sur l’autre monde.





Wido ne parvint pas à dissimuler sa surprise et son envie. Après ces quelques paroles il enviait secrètement cet Erwig si chanceux. Il avait en face de lui un homme âgé qui semble-t-il avait passé son existence à parcourir les mondes. Sans doute devait-il être érudit, il devait tant avoir à conter.



-Mais … 


-Oui jeune Wido ?


-Heu … si vous … si vous avez comme vous dites voyagé sur et entre les mondes, je me demandais pourquoi … pourquoi passer … ici?





Erwig sourit d’un sourire chaleureux avant de répondre : 


-Je viens ici profiter de l’odeur consolante qui sourd de la chair verte des feuilles. 


Le jeune garçon porta un regard quelque peu suspicieux, cela n’échappa pas à l’ancien qui s’empressa de lui dire : 


-Il y a toujours quelque chose à voir, même là où on se l’attend le moins.



Un étrange silence alors s’installa entre le jeune et le vieux. L’un méditait, l’autre attendait. Puis, comme si son temps semblait écoulé Erwig se détourna du jeune garçon de Jilat sans un mot. Après un petit geste d’adieux d’une main le vieillard s’éloigna pour se perdre dans le lointain. Wido décida ne de parler à quiconque de cette étrange rencontre, d’ailleurs il n’était même pas assuré de sa vérité.



Était-ce un rêve ou bien la réalité ? 


Sans assurance aucune il garda le secret. En tout cas une fois de nouveau à Jilat il profita d’une agréable journée ensoleillée avec ses parents, il ne repensa plus au nommé Erwig et vint même à l’oublier complètement, comme si quelque chose, ou quelqu’un, avait effacé ce souvenir de sa mémoire.



*



Wido marchait calmement au côté de son père sans mot dire. Tous deux revenaient d’une promenade autour de Jilat. C’est quand la lueur du jour déclina subitement que le jeune garçon leva les yeux vers le ciel. Dans l’immensité azurée on pouvait admirer d’immenses étendues de terres flottantes, elles semblaient voguer au grès du vent dans ce ciel. Admiratif Wido avançait inattentif à son environnement proche, sans une alerte soudaine de son père il se serait prit les pieds dans une racine d’un arbre surgissant de la terre sur le chemin. Wido évita la chute mais il ne cessa pas de contempler l’incroyable spectacle, les îles flottantes révélaient toutes leur beauté, leur majesté.



-Père, père, elles sont revenues, regardes, elles sont là ! 


Dans un silence farouche Déodat s’avança et posa ses mains sur les épaules de son fils. 


-Calme. 


-Mais elles sont si belles. J’aime les regarder quand elles passent au-dessus de nous. 


-Elles reviennent toujours par intervalles régulier, encore un mystère de ce monde. 


-N’est-ce pas admirable ?


-Non mon fils.



-Mais père je … 


-Wido nous ne vivons pas dans un rêve. Ce monde là haut n’est pas pour nous. La roture que nous formons n’a le droit qu’à la basse terre, et c’est très bien ainsi. 


-Es-tu heureux de vivre dans un monde morne sans intérêt ?



Le regard de Déodat se fit dur et Wido étonné baissa la tête comme en signe de soumission. 


-Pardon père. 


Déodat fixa navrement les îles flottantes dans le ciel avant d’en revenir à son fils. Il le dévisagea quelques instants avant de reprendre la discussion. 


-Mon fils nous devons nous estimer heureux des terres que nous disposons. Là haut c’est peut-être le  Royaume des Cieux mais il s’agit d’un monde pourris par le vice, la richesse et la débauche. Les soi-disant nobles qui y vivent exploitent la roture du bas monde pour subvenir à leurs besoins absurdes. Complots, violences, pièges, traîtrises, assassinats politiques, rouages à l'intérieur des rouages, mais bien rare est l’impavide bravoure, tel est leur monde, ne le désire pas, nos simples vies valent bien celles des habitants de ces terres mouvantes dans l’espace aérien.



Wido acquiesça sans un mot mais non convaincu par le discours de son père. Tous deux reprirent leur marche pour retourner à la maison, l’heure avançait, l'heure de préparer le repas s'approchait, et Déodat n’avait pas pour habitude de laisser travailler seule sa tendre moitié qui devait en ce moment discuter avec quelques personnes de Jilat.





*



Erwig étudiait Jilat de loin. Le vieil homme toujours appuyé sur son bâton souriait pour lui-même.





-Wido n’est-ce pas ? Comme c’est intéressant. Un jour je reviendrai dans ce village, se sera alors le temps de la crainte et de la tourmente, les maux harcèleront les Hommes avant de mener ce monde dans le chaos de l’incroyable.



Erwig prononça quelques paroles en une langue inconnue, sans doute trop ancienne pour que les foules s’en souviennent encore. Il avait marqué l’endroit par un sort. Il saurait ainsi retrouver ce village le jour où les ténèbres se révéleraient. 


-J’espère seulement que c’était bien toi … 


Puis le vieillard se détourna du spectacle pour s’en aller une fois encore de part le monde.



*



Le tout Jilat se trouvait au sein de l’espace sacré pour assister au sacrifice pour les dieux. Un bœuf magnifique fut mené au temple semi-ouvert, la partie sacrificielle étant elle en plein air. Le sacrifice allait bientôt commencer, celui-ci était une véritable offrande aux puissances divines et célestes qui veillaient au bon fonctionnement du monde. En vérité ce culte était à la fois don et communion, une partie de la bête allait être offerte aux divinités alors qu’une autre serait partagée entre les familles du village, les gens alors pourraient savourer la viande durant un même instant. L’espace sacrificiel était un autel, à côté de ce dernier, à droite, se trouvait un feu sublime sans cesse alimenté par le gardien du brasier, un prête alors s’avança et se purifia les mains en se les lavant dans une petite bassine d’argent portée par une jeune femme, puis l’homme débuta la prière. Il appela les dieux et leur demanda de porter leur regard sur le village de Jilat et d’apprécier le don de la communauté, puis, il pria aussi pour l’animal à sacrifier. On mena le bœuf, on l’arrêta devant l’autel. Quelques femmes s’avancèrent portant des grains d’orge, ceux-ci furent jeté dans le feu, elles s’éloignèrent ensuite, laissant place au prête qui demanda au bœuf son consentement au sacrifice. L’animal dans un mouvement non réfléchit sembla dire oui de la tête, tous alors l’applaudirent et le remercièrent. 


Deux hommes vinrent pour tenir la tête de la bête levée vers le ciel pour que le sang puisse monter vers les cieux infinis. L’animal fut ensuite égorgé par le prête et le sang s’écoula dans un jaillissement sur l’autel. Après la mort de l’animal on procéda au découpage très précis de la dépouille afin de séparer les parties réservées pour les dieux et celles pour les hommes et les femmes. Les os furent enduis de graisse, on les plaça dans le feu avec les viscères, les dieux se nourrissaient en effet des fumées sacrificielles qui montaient au ciel. La viande en elle-même fut rassemblée puis cuisinée, le banquet allait pouvoir débuter sous le soleil merveilleux de cette journée si belle. 


La cérémonie était achevée, du village en fête s’élevèrent des chants joyeux. Les gens à l’esprit embrumé ne virent pas le jeune Wido s’éloigner, le garçon chétif n’appréciait guère ces instants qu’il jugeait imbéciles en tous points. Il s’éloigna du village pour gagner son endroit à la rivière. Il s’éloigna d’un pas rapide, il ne mit guère de temps pour y parvenir. Mais une fois sur place il constata qu’il avait été précédé par Teia qui attendait assise au bord de l’eau, le regard perdu dans le lointain de l’horizon. 


Soudain elle se tourna vers Wido, elle sourit au garçon qui s’avançait maintenant lentement, comme étonné de la trouver là.



-Je me doutais que tu viendrais, dit-elle, à chaque fois c’est la même chose, tu préfères demeurer isolé. 


-La présence des autres de me dérange pas tu sais. 


-Non bien sur, je suppose que c’est le rite.



Il était à côté d’elle, mais il resta debout. Il ne cacha pas sa surprise, elle avait deviné son trouble, du moins une partie seulement. 


-Je … je trouve ça … enfin je …


-Tu n’as pas de foi n’est-ce pas ?



Il acquiesça de la tête en silence. Elle ne reprit pas la parole, la jeune fille attendait que Wido s’exprime de nouveau. Quelques minutes s’écoulèrent ainsi.



-Je refuse de croire à des forces mystérieuses et lointaines qui contrôleraient ma vie.


Cette fois se fut Teia qui étonnée ne sut pas quoi répondre. Elle ne parvint pas détacher son regard de Wido qui montrait un visage dur, elle ne pouvait plus y discerner la moindre expression. Wido alors la regarda droit dans les yeux, son regard terrible effraya presque la jeune fille. 


-Ma vie est mon bien le plus précieux. Elle est à moi et à moi seul. Je veux vivre de la façon la plus libre possible, les traditions sont des entraves qui ne font que limiter nos actions, nous sommes des esclaves devant l’éternel, condamnés à ne pas connaître d’évolutions sociales. Quelques uns jadis inventèrent l’idée de l’existence de puissances supérieures contrôlant les âmes de chacun, une façon comme une autre d’assurer un pouvoir d’une minorité sur une majorité simpliste et non instruite.



Teia se leva d’une façon subite et fit quelques pas pour s’éloigner de Wido. Une angoisse étrange était visible sur les traits de la jeune fille.



-Du moins telle ma pensée, enfin, une partie seulement. 


-Wido je … 


-Un jour je partirai tu sais. C’est mon désir le plus cher, partir sur les chemins du monde, voyager et voir les contrées de cette terre, trouver ma voie et mener ma vie comme je l’entends.



Teia alors se précipita vers lui en s’exclamant : 


-Non, tu ne peux pas ! 


Elle s’était agrippée au bras droit de Wido qui lui conservait son calme étrange. 


-J’attendrais encore un peu, mais un jour …


-Pourquoi ?



Il haussa les épaules, l’expression de son visage se modifia alors, son ignorance totale était visible à présent, déconcertée Teia lui lâcha le bras.



-Je l’ignore. Je veux des réponses à mes questions. Je sais que je dois les trouver, c’est à moi d’arpenter le chemin, je me dois d’aller à lui, c’est tout.



Pour la première fois depuis qu’il était arrivé il sourit à son amie. Il posa ses mains sur les épaules de celle-ci avant de lui demander ; 


-J’aimerai juste que tu n’en parles à personne, je t’en prie, il faut garder tout ça pour toi, nul ne doit savoir. 


-Mais … mais si un jour tu parts, tu risques ne jamais revenir. 


-C’est fort probable tu sais, mais si tel est mon choix on se doit de le respecter.



Teia baissa la tête vers le sol, essayant ainsi de dissimuler la tristesse naissante qu’elle ressentait. 


-Teia, tu dois comprendre que je ne peux pas changer d’avis, je partirai un jour prochain. Certes, je laisserai derrière des choses qui me sont pourtant précieuses, comme … tout comme ton amitié par exemple, mais ma vie m’attend là, au-dehors de Jilat et …



Elle le coupa tout en relevant la tête, quelques larmes étaient visibles, et pourtant elle souriait de nouveau. 


-J’ai compris tu sais. Je ne dirais rien à personne, je garderais le secret, je le ferai pour toi tout simplement. 


Wido laissa échapper un soupir de soulagement. Heureux de savoir qu’il ne serait pas trahis par son amie il l’enlaça subitement, surprise la jeune fille se laissa faire sans la moindre résistance. Puis Wido la libéra, et sans plus rien dire il s’éloigna en silence retournant au village, il désirait vraiment être seul maintenant, il devait trouver un endroit calme et désert, en chemin il changea de direction et il alla gagna les champs, là il serait tranquille pour méditer sur son futur, il ignorait encore quand il partirait de cette contré, dans un sens il désirait en profiter encore une dernière fois pour en emporter le plus d’images possible.

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MessagePosté le: Dim 19 Jan - 21:00 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Ce n'est peut être pas du Saint Seiya mais c'est du très bon. J'ai hâte de lire la suite.


Voila tu as deux occasions pour me faire baver. (J'en ai mal d'avance) 
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Esus
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MessagePosté le: Jeu 6 Mar - 08:45 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Chapitre deux : Tessa de Kokran.



La jeune femme se tenait face au grand miroir décoré de divers motifs floraux. Elle portait une robe longue qui laissait visible ses épaules mais ne montrant rien de sa généreuse poitrine. Elle avait elle-même adapté le vêtement pour ôter la traîne habituelle, ne supportant pas cette partie qui venait la gêner dans ses déplacements. Elle avait toutefois conservée les longues et amples manches. Vêtue de cette robe sinople en étoffe brodée et aux boutons décoratifs, ses cheveux sombres et libres, la jeune femme aux yeux verts et au regard vif semblait adopter la majorité des codes esthétiques et comportementaux de la noblesse du Royaume des Cieux. Cependant il y avait en elle comme une forme de tristesse, discrète mais bien présente. Son regard était parfois celui d'une personne résignée. 


- Tessa, qu'es-tu devenue ? Murmura-t-elle tout en contemplant son reflet. 


Détournant son regard du reflet, ses yeux se posèrent sur le portrait d'une femme dont l'âge était incertain sur la peinture. Tessa lui ressemblait beaucoup, et pour cause cette femme avait été sa mère. Cette mère qui était partie trop tôt et qu'elle n'avait jamais connue mais qui hantait pourtant son esprit. Son image ne la quittait jamais, constamment elle percevait comme des ombres dans cette demeure, tels des souvenirs du passage de sa mère. Parfois elle croyait ainsi la voir ou l'entendre, ou même sentir un parfum qu'elle lui associait. De temps en temps elle s'enfermait dans sa solitude et ses pensées l'emmenaient vers elle, lors de ces instants sa souffrance semblait inégalable, et c'était lors de ces moment qu'elle croyait sentir les bras sa mère l'enserrer pour la consoler. Et même si elle avait conscience de l'absurdité totale de telles sensations, elle en avait aussi besoin. 


- Tessa, s'exclama alors une voix d'homme depuis le bas de la demeure, es-tu prête


La jeune ferma les yeux quelques secondes comme pour chasser ses pensées, elle cherchait désespérément à faire le vide dans sa tête. Elle poussa un soupir de lassitude puis elle sourit à la pensée que ce genre d'attitude était tout sauf noble. Elle sortit alors de sa chambre et remarqua que son père l'attendait au pied de l'escalier. Théodore de Kokran était un quadragénaire encore agile. Sa tenue se voulait assez simple bien que constituée à partir des meilleurs tissus que l'on pouvait trouver en ville. Une cape rouge, couleur symbolique du pouvoir complétait la tenue. De plus, il disposait de son arme, une épée de noblesse qu'il gardait toujours dans son fourreau disposé à sa gauche. Tous deux n'étaient pas de la plus haute noblesse, cependant son père avait une place essentielle dans le Royaume des Cieux. Proche et fidèle du roi, il était un conseillé avisé qui avait gagné sa place par ses capacités intellectuelles plus que par son titre et son rang. 


Tessa descendit l'escalier avec lenteur, prenant le temps d'admirer les têtes de personnages et de créatures sculptés sur la rambarde. La première de ces têtes représentait un vieillard au-dessus du crane dégarni mais à la barde semi-longue. Tessa avait toujours été impressionnée par l'expression du regard de l'homme représenté : malgré le grand âge, il semblait avoir une force intarissable, elle y voyait aussi de la sagesse et un amour infini pour la connaissance et ses prochains. Oui, elle était fascinée par ce regard capable d'embrasser toute chose et tout être, elle n'avait jamais eu l'occasion d'admirer de tels yeux chez les Hommes. Elle prêta un peu moins attention aux têtes suivantes, sauf à celle du dragon. Petite elle avait apprécié les histoires sur les cracheurs de feu. C'est alors qu'une image surgit de son passé. Un souvenir qu'elle croyait oublié. Elle se voyait enfant dans une trop vaste pièce dans laquelle régnait une semi-obscurité. Heureusement dans l'âtre de la cheminé brûlait un feu rassurant. À cet instant elle pouvait comme entendre le crépitement des flammes, sentir l'odeur du bois et la chaleur qui gagnait la pièce. Une voix de femme s'éleva et le rire d'un garçon. L'image déjà se faisait fuyante. Elle essaya de s'y accrocher comme pour se souvenir pleinement de cet instant passé qui avait fui sa mémoire. Avant la disparition totale de ce souvenir, elle se remémora son ami d'enfance, un jeune garçon qui rêvait de dragons et de quêtes, de voyager jusqu'au bout du monde, là où les ondes se déversaient dans l'espace. Elle devait son attrait envers ces incroyables créatures à cet ami qu'elle n'avait plus revu depuis des années. 


- Tessa. Tu pourrais te t'empêcher, je te rappelle que j'ai un rendez-vous au palais


La voix de son père mit fin définitivement à cette étrange rêverie éveillée. Elle n'eut pas le temps de se morfondre d'avantage. Sans dire un mot elle descendit les dernières marches plus rapidement et dépassa son père sans même lui adresser un regard.





*



Tessa de Kokran attendait le retour de son père. Ses longs cheveux de ténèbres qu'elle portait librement se soulevèrent sous le vent, ceux-ci semblaient danser tout autour d'elle. La vision était simple mais aussi très belle. Celle d'une belle jeune femme dont les cheveux se soulevaient au grès du vent. Simple caresse d'une brise qui donnait une impression de liberté et une beauté encore plus forte à Tessa. Elle était de nouveau perdue dans ses pensées, ignorant les regards  des hommes croisant sa route et qui remarquaient son charme et ses formes.  Mais elle, elle ne les voyait pas, ses grands yeux verts scrutaient la cité majestueuse qu'était Luminia, capitale du Royaume des Cieux. 


Luminia était entourée d'immenses murs protégeant la cité qui étaient fait de pierres blanches et d'orichalque, un métal aux étranges propriétés, les mages pouvaient aisément renforcer sa résistance à l'aide de leur seule magie, l'orichalque était très réceptif aux forces étranges des sorciers et autres enchanteurs. Mais la jeune fille elle préférait contempler et de loin les magnifiques maisons des nobles et leurs jardins parfois suspendus, véritable poème de grâce en ce monde. Puis dans sa tête défilèrent des images, elle se remémorait encore et encore toute la grandeur du palais majestueux qui s'élevait bien au-dessus de Luminia, château admirablement ouvragé aux tours s'élevant à l'assaut du ciel, les rayons de l'astre solaire se réfléchissaient sur ses tourelles et ses flèches avec un éclat féerique. Tout autour d'elle s'élevaient des musiques et des chants, elle aimait tant se trouver ici, même seule, même attendant, elle pouvait profiter des merveilles nombreuses qui emplissaient ce lieu de joie et de lumière. L'endroit était sublime, il y faisait bon vivre. Et la jeune fille ne comprenait pas les critiques, parfois vives, qu'exprimait son père envers cette ville, ce royaume et les nobles. Et pourtant, aujourd'hui elle se surprit à douter. Il n'y avait rien n'ici pour elle, rien de ce qu'elle pouvait rechercher secrètement. Aucune liberté, une cage dorée, autant d'entraves pour elle qui avait eu des rêves. 


Elle était encore rêveuse quand s'approcha d'elle, un jeune homme de son âge. Elle ne le vit pas et n'entendit pas le bruit résultant de sa marche. Il avait les cheveux courts et blonds, de grands yeux verts, il inspirait la noblesse et le respect. Il était vêtu plutôt simplement, portant sur lui la tenue habituelle des chevaucheurs de pégase. 


- Regardez ce que nous avons là, s'exclama-t-il subitement, cette chère Tessa


La jeune fille sursauta, complètement surprise et passant de ses rêveries à la réalité. Elle se retourna, et c'est encore plus étonnée qu'elle reconnut le garçon qui venait de se placer à ses côtés. Elle s'inclina en signe de respect. 


- Votre altesse Hervé de Rex


Quand elle releva la tête, elle constata que le jeune homme était plutôt dubitatif, voir, un peu attristé. Son air joyeux fut remplacé par une expression de lassitude déconcertante. Le garçon laissa échapper un soupir qui contrastait avec son rang et vint s'appuyer sur la rambarde. Regardant Tessa, il eut un sourire las, comme si cet instant le répugnait. 


- Votre altesse ? Alors entre nous, maintenant, nous usons aussi de ces formalités pesantes


- Je … heu … vous êtes fils de roi, le Premier Prince du Royaume des Cieux et … 


- Et je suis aussi un ami d'enfance. Cela fait longtemps, trop longtemps. Oublions les formalités habituelles pour redevenir les amis que nous étions par le passé, quand toi et moi étions encore que des enfants


Pour Tessa, la demande d'Hervé semblait impossible. Le ton employé par le prince était celui de la supplique. Il suppliait, lui, prince hériter des Deux Mondes. Oui, jadis, ils avaient été amis, ils avaient joué ensemble, ignorant tout des civilités de la noblesse. Mais aujourd'hui ils étaient tous deux quasiment adultes, et elle faisait face au futur roi des Deux Mondes, elle ne pouvait pas se permettre d'être familière. Elle remarqua l'usage du tutoiement d'Hervé ainsi que la joie qu'il avait exprimé dès le départ, une joie sincère de retrouver une vieille amie, avant qu'il ne se laisse aller à la cette tristesse devant sa propre froideur à son égard. Non, elle ne pouvait pas, c'était au-dessus de ses forces, et l'idée même de se comporter d'une manière si désinvolte la révulsait. C'est tétanisée par une crainte surgie de son passé qu'elle rejeta en bloc l'idée de se comporter d'une manière, qui serait jugée irrespectueuse par ses pairs. 


- C'est impossible Hervé … je veux dire votre altesse. Je ne puis me le permettre


Le prince laissa échapper un nouveau soupir. Il posa son regard vers l'immensité du ciel azur, avant de regarder de nouveau Tessa. Et c'est avec un étrange sourire, plus joyeux et presque mesquin, qu'il lui dit : 


- J'ai quelque chose à te montrer, quelque chose d'intéressant


Il mena Tessa à un immense bâtiment tout en longueur et ne disposant que d'un seul étage. Il s'agissait d'une partie des écuries du palais royal, qui, en disposait en tout d'une dizaine, dispersée dans toute la ville. Les jeunes gens purent admirer toute la sophistication des écuries, qui disposaient de rigoles et de canaux souterrains pour évacuer le purin ainsi que de système automatiques pour faire descendre le foin conservé à l'étage dans les mangeoires.


Dans cette écurie on trouvait aussi des chevaux que des pégases, ces fougueuses montures très appréciées des jeune gens. Les pégases étaient des créatures très fières, il était parfois difficile de nouer une relation avec l'un de ces animaux. D'une intelligence remarquable et possédant comme une sorte de sixième sens, ces créatures étaient plus sensibles que les chevaux, elles ressentaient avec facilité les humeurs des personnes se trouvant tout autour, rejetant tous ceux possédant une quelconque émotion négative à leur égard. 


Des dizaines de serviteurs s'occupaient des animaux. Plus des chevaux que des pégases d'ailleurs. Certains s'occupaient des pieds et utilisaient pour cela un cure-pieds avec lequel on enlevait la terre et les éventuels cailloux dans la partie creuse du sabot. Cette opération pouvait s'avérer délicate, car il faut faire très attention  à la fourchette, une zone très délicate au milieu du pied. D'autres brossaient les animaux avec une étrille. L'ustensile servait à enlever les poils morts, la poussière, les traces de boues du cheval. L'étrille s'utilisait en la frottant de manière rotative sur les parties charnues du cheval comme l'encolure, les flancs et la croupe. Après l'usage de l'étrille, il fallait utiliser une brosse dure pour enlever les crasses laissées par le précédent outil. Enfin, il fallait ensuite user d'une brosse douce, pour lustrer le poil des animaux. Une dernière étape consistait à démêler la crinière et la queue avec la brosse à crins. Pour les pégases le travail était plus ou moins identique mais seules quelques personnes pouvaient s'approcher et s'occuper d'eux. En vérité, seuls les serviteurs acceptés par les pégases pouvaient prendre soin de ces nobles animaux. 


Hervé mena Tessa en direction d'un pégase laissé seul. L'animal avait une prestance magnifique, on ne pouvait que l'admirer. L'animal était d'une robe blanche et sa crinière était d'argent. Dans ses yeux, son attitude et sa posture, on devinait son tempérament sauvage et indépendant. Tessa resta en admiration devant toute la beauté du pégase. D'ailleurs, l'animal remarqua rapidement l'admiration de Tessa, dans un premier temps, il se contenta de la regarder, comme pour l'étudier, mais sans dégager la moindre agressivité. 


- Approchons-nous, clama Hervé. 


Tessa ne se fit pas prier. Depuis toujours elle aimait les animaux, principalement les équidés, notamment les chevaux et les pégases. Une fois à la limite du box, elle tendit la main droite en direction de l'animal. Celui-ci était distant de quelques mètres. Il semblait toujours étudier la jeune fille avant d'aller à la rencontre de sa main. Il se laissa alors caresser le nez. Les personnes aux alentours, contemplèrent étonnées ce spectacle, Hervé lui, ne semblait absolument pas surpris. Et quand Tessa remarqua la surprise générale des personnes présentes, elle questionna le Premier Prince sur la raison de celle-ci. 


- Tu sais combien les pégases sont indomptables Tessa, et bien celui-ci l'est encore plus que les autres. Il tolère plus qu'il n'accepte, mais toi, il semble d'accepter plus que de te tolérer


- On dirait presque que tu t'attendais à un tel résultat


Hervé remarqua que cette fois, Tessa l'avait tutoyé sans qu'elle ne s'en rende compte. Il eut un petit sourire en coin avant de répondre. 


- Bien sur, vous avez tous deux la même nature profonde. Deux êtres indomptables, qui s'isolent des autres pour une raison qui nous échappe, mais qui est liée à une tristesse certaine et une perte de soi pour ce qui te concerne


Tessa resta bouche bée, ne sachant que répondre. Elle fut déconcertée par la justesse de l'analyse d'Hervé. Cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vu, et pourtant, en quelques minutes passées ensemble, il semblait avoir deviné ce qu'elle cachait au plus profond de son être. 


- Au fait, tu n'as pas fait attention tout à l'heure, mais tu m'as tutoyé, comme autrefois


Tessa rougit de honte, elle baissa sa tête vers le sol en bredouillant. 


- Je … heu … je … veuillez m'excuser … 


- Non, c'était très bien ainsi Tessa. Je crois que l'on retrouve notre amitié, et que dans le même temps, je pense que tu commences enfin à te retrouver toi-même. 


- Pardon, mais que vous … veux-tu dire ? 


- Un petit vol sur le dos de Gemini, cela te tentes ? 



Le Premier Prince avait ignoré complètement la question de Tessa. Mais alors qu'elle allait insister pour le forcer à parler, cette proposition soudaine lui fit oublier cette idée. Il sentit en elle monter une certaine excitation, liée à l'envie de monter sur cet admirable Pégase. Elle se voyait déjà sur le dos de l'animal, fusant dans le ciel avec célérité et éprouvant la joie sincère d'un instant de liberté pure. 


- Gemini ? C'est ainsi qu'il se nomme ? 


- Oui. Quand sa mère mit bas, elle enfanta de deux poulains, l'un est mort, l'autre non. C'est un phénomène rare, que d'avoir deux poulains dans une même portée, alors j'ai décidé de le nommer ainsi. 


- Gemini … cela fait penser au signe des gémeaux non ?


- Exact, en fait ce terme signifie même gémeaux, mais il provient d'une langue très ancienne et quasiment oubliée de tous. Mais sinon tu n'as pas répondu à ma question. Désires-tu voler sur le dos de Gemini ? Lui-même n'attend plus que ça



Et comme pour appuyer les propos du Premier Prince, l'animal fit comprendre à la jeune fille qu'il l'invitait sur son dos. Le Pégase tapait le sol de ses sabots et ses ailes étaient déployées. Il y avait comme une flamme dans ses yeux, l'animal aussi sentait monter en lui l'excitation de l'instant à venir. 


- Je ne peux pas voler avec mes vêtements, ils ne sont pas adaptés


Elle se maudit silencieusement de cette réplique. Elle avait une envie folle de voler avec Gemini mais se sentait toujours entravée par ses peurs. Hervé montra une petite porte située à une quinzaine de mètre de leur position dans l'écurie. 


- Tu y trouveras derrière une pièce dans laquelle nous conservons des tenues pour les chevauchées et les vols, ainsi que tout l'équipement nécessaire pour Gemini.


Tessa ne se fit pas prier. Soulagée elle se dépêcha de se rendre dans la pièce en question pour se changer le plus rapidement possible.



*



Tessa frôla de ses jambes, les flancs de Gemini. Celui-ci comprit. Il passa du trot à un semi-galop. Encore un frôlement, cette fois le pégase accéléra et passa au galop pour de bon. Et c'est après un troisième frôlement que l'animal s'envola avec grâce à l'assaut du ciel. Le pégase battait de ses ailes puissantes pour le décollage, fournissant un effort important. Gemini trouva bientôt un vent porteur qui l'aida et son effort diminua. Les premières minutes du vol furent calmes, laissant le temps à Tessa et Gemini pour apprendre à se connaître. Un instant la jeune fille fut encore hésitante, mais bientôt sa véritable nature, sa nature profonde comme disait Hervé, s'exprima de nouveau. Car en elle-même, Tessa était en vérité une jeune fille avec un fort tempérament, tout comme sa monture. Tessa aimait voler. Mais pas voler juste pour admirer les Deux Mondes depuis les hauteurs, elle aimait la vitesse. Gemini ressentit la joie et l'excitation de Tessa, lui-même partageait l'envie de siller avec célérité dans l'immensité du ciel. À cet instant précis, la jeune fille et le pégase étaient en communion parfaite, d'esprit à esprit. Tessa frôla encore une fois les flancs de Gemini, et celui alors bâtit des ailes avec force pour accélérer encore et encore. 


Tessa et Gemini s'étaient élevés haut dans le ciel. La jeune fille tira les rênes vers la gauche. Son corps suivit le mouvement mais sa tête s'abaissa pour se placer à la hauteur de celle du pégase. L'animal se cabra avant de foncer vers le sol. La jeune fille dirigeait le pégase d'une main de maître et l'animal avait toute confiance. Tous deux se dirigèrent vers une des tours les plus hautes de la ville. Le pégase passa tout près de l'édifice avant d'en faire le tour et de s'en éloigner. Tous deux foncèrent vers de mains obstacles, et à chaque fois le pégase les évitait au dernier moment, procurant à tous deux un immense plaisir et une sensation de liberté et de puissance. Le meilleur moment fut quand la jeune fille mena le pégase juste au-dessus de l'un des nombreux canaux présents dans la ville. Gemini volait juste quelques centimètres au-dessus de l'eau. Il abaissa sa jambe arrière droite pour que le sabot la touche, laissant dans son sillage une certaine agitation dans l'eau du canal. Puis remontant d'un rien, l'animal semblait marcher sur l'eau alors qu'il volait. Spectacle rare mais réellement saisissant pour les personnes qui pouvaient y assister et qui ne parvenaient plus à détourner le regard du Pégase et de sa cavalière. Sous une impulsion de Tessa, Gemini reprit de la hauteur pour voler à grande vitesse juste au-dessus du palais royal. La jeune femme remarqua alors que le Premier Prince était en train de la rejoindre, il montait un magnifique Pégase noir qui semblait très hardi, autant que Gemini. Les deux jeunes gens communiquèrent par une série de gestes simples réalisés avec une seule main et Tessa fut déconcertée mais emballée par l'idée d'une course dans la Grande Faille du Sud. Les deux Pégases ralentirent dans le but d'économiser leur force et de tout donner une fois dans la Grande Faille. 


La Grande Faille du Sud était un endroit très particulier, comme si à cet endroit le sol avait été déchiré. Elle était d'une profondeur de plusieurs centaines de mètres et large de plusieurs dizaines et s'étendait sur des kilomètres. Là-bas la terre était écarlate, comme si le sol une fois fendu avait saigné. En s'enfonçant dans la faille on pouvait apercevoir briller des formes cristallines quand la lumière parvenait à les caresser de ses rayons. Toutefois, on apercevait aussi des traces d'une violence inouïe. Lors de la formation de la Grande Faille, le sol avait été sans aucun doute convulsé et déchiqueté, des pans entier de roches s'étaient effondrés et gisaient encore dans les profondeurs abyssales de cette gigantesque fissure. 


Tessa et Hervé savaient qu'ils approchaient de leur destination. Le sol devenant de plus en plus rouge et au loin, le spectacle toujours aussi magnifique du vol de groupes d'oiseaux qui nichaient dans les crevasses et grottes de la Grande Faille, ces deux éléments étaient le signe de l'arrivée prochaine sur ce site. La Grande Faille était toute entourée d'une terre désertique et ravagée. Plus on s'en approchait et plus la végétation se faisait rare jusqu'à disparaître complètement. On passait lentement d'une forêt clairsemée à des herbes éparses, puis à des mousses et les lichens pour enfin en venir à la roche dure, froide et solitaire. De plus, depuis le ciel on pouvait contempler toute une série de cratères plus ou moins gigantesques. Quelques uns, parmi les plus petits, commençaient à disparaître. Toutefois, certains étaient encore reconnaissables grâce aux lacs formés en leur sein. Plus on se rapprochait de la Grande Faille et plus les cratères se faisaient immenses et sans présence d'eau. Il y en avait un en particulier, qui s'étendait sur un diamètre de plus d'un kilomètre et profond de plusieurs centaines de mètres. La vision était à la fois saisissante et effrayante. Nul ne pouvait expliquer les causes des ravages ayant touchées jadis cette contrée. 


Les deux jeunes gens et leur monture avaient maintenant dépassés les cratères. Il y eut alors un envol d'oiseau depuis la Grande Faille. Des centaines de volatiles se dirigèrent vers eux. Les oiseaux accueillirent les Pégases et leur cavalier d'une mélopée douce et agréable à entendre. Tessa admira un nouvel envol d'une centaine de waneks, une espèce d'oiseau très particulière ayant des traits communs avec les échassiers. Les waneks étaient connus et appréciés pour leur grande taille, leurs couleurs multiples et aussi brillantes que les métaux au soleil, leur grâce inégalable et surtout leur langage primitif. Car les waneks formaient en vérité une espèce animale intelligente, même si cette intelligence n'égalait pas celle des Hommes. 


Ils n'étaient plus très loin de la Grande Faille mais Tessa apprécia cet instant tout autant que les moments où la vitesse devenait reine. Car avant de plonger dans ces profondeurs mystérieuses, la jeune femme se laissa aller. Entre un paysage à couper le souffle et d'une magnificence inimitable, le chant léger et poétique des waneks et le vent apaisant son esprit tourmenté, Tessa se sentit comme partir ailleurs, loin, comme si elle quittait son corps pour ne faire qu'un avec l'immensité du ciel. Comme dans un rêve ou dans un voyage indéfinissable, elle avait l'impression de s'évader, d'être absente de cet instant tout en étant belle et bien présente. Cette sensation d'échappement et de bien-être ne dura quelques minutes qui lui semblèrent des heures. Et c'est avec un esprit apaisé et une folle envie de s'amuser qu'elle fit plonger subitement Pégase en direction de la Grande Faille. Hervé ne se fit pas languir, il réagit promptement et sa monture suivit Gemini. Ils pénétrèrent dans la faille à une folle vitesse, passant les minutes suivantes à faire monter et descendre leur Pégase tout en cherchant à se dépasser. Les deux animaux se valaient et il en était de même pour les cavaliers. Cependant, c'est en faisant preuve d'une hardiesse particulière que Tessa se démarqua de son ami. Faisant prendre la vitesse à Gemini tout en choisissant une trajectoire descendante au Pégase, elle utilisa avec celui-ci les roches et la puissance des jambes de la monture pour se propulser et gagner encore de la vitesse. Hervé contemplatif, admira sincèrement les prouesses de Tessa et Gemini et leur complicité qui n'avait pas d'égal.





*



Après leur course, ils firent poser les Pégases sur une saillie rocheuse. L'endroit était plutôt obscur et Hervé sortit alors d'une poche une pierre luminescente. Ces pierres étaient très rares, seules quelques personnes des Deux Mondes en possédaient et Tessa regarda avec émerveillement cette pierre qui leur apportait de la lumière sur quelques mètres.





- J'en avais jamais vu auparavant, elle est magnifique, s'exclama-t-elle. 


Hervé jeta un bref coup d'œil à la pierre puis il la tendit à Tessa qui s'en saisit délicatement. La pierre était bleutée mais parcourue de veines blanches. 


- Elle est tienne désormais, je te l'offre ma chère


Tessa ne sut pas quoi répondre, elle resta bouché bée un instant. 


- J'en possède cinq autres, cela est trop pour un seul être. On raconte que la lumière qui émane de ces pierres est plutôt salvatrice pour les vivants, comme si elle avait la capacité de nous " nettoyer " des éléments négatifs ou quelque chose dans ce genre


La jeune femme, toujours surprise par cet inestimable cadeau imprévu, gardait encore le silence. Hervé lui, s'était rapproché de la paroi rocheuse et promena ses mains sur elle. 


- Tessa, tu devrais approcher, il y a quelque chose de … particulier avec cette roche


Elle s'exécuta, levant la pierre pour éclairer la roche qui était lisse, particulièrement brillante à la lumière bleutée émanée de la pierre luminescente. Tessa promena ses doigts sur la paroi, les roches lui semblaient aussi douces qu'une étoffe de tissu. 


- C'est … étrange, finit-elle par dire, mais comment est-ce possible, je n'ai jamais rien vu de semblable


- Je suppose que ces roches ont été soumises à d'importantes températures. Toutefois, j'ai l'impression que la chaleur a été soudaine, comme si un instant il régnait une température normale et que l'instant d'après celle-ci était devenue insupportable, même pour les rocs les plus solides. 


- Qu'est-ce qui te fais dire cela ? 


- Ce n'est pas la première fois que je vois des roches d'une apparence de ce genre. Il y a trois ans maintenant, le sorcier Erwig me mena dans un endroit dont j'ignore tout de la localisation, ensemble nous avons contemplé pareil spectacle et c'est de lui que je tiens ce savoir. 


- Je vois. Cet instant que tu m'as offert était vraiment magnifique. Hervé, j'ai réellement passé un excellent moment avec toi, mais nous allons devoir retourner au palais maintenant, sinon mon père risque de m'attendre. 



Le prince eut un petit sourire triste, mais il comprenait parfaitement son amie. D'un simple geste d'une main il l'invita à remonter sur son Pégase tout en s'apprêtant à faire de même avec le sien. Les gracieuses montures s'envolèrent de nouveau à l'assaut du ciel, les deux jeunes gens les firent monter très haut dans le ciel dans le but de contempler le plus de terres possible depuis les hauteurs. Tous deux tournèrent la tête vers la Grande Faille pour la contempler un dernier instant, appréciant toujours autant le vol des waneks. Mais cet agréable instant d'évasion prenait fin, ils allaient devoir renoncer encore une fois à leur nature véritable pour jouer le rôle qui était le leur. Si Hervé semblait pleinement maître de ses sentiments, bien que d'apparence blasée, Tessa elle détourna la tête quand elle sentit quelques larmes couler le long de son doux visage. 


Tant de puissance pour autant d'impuissance, pensait alors Hervé, pourquoi ainsi s'emprisonner ? Pourquoi nous ne pouvons pas être nous-mêmes ?





*



Quand les Pégases regagnèrent les écuries, un homme s'avança de manière énergique vers le prince. Son regard était dur et ses traits de visage montraient sa colère. Sans même saluer Hervé il s'exprima avec une déconcertante audace. 


- Dois-je rappeler à son altesse qu'il ne doit pas agir à la légère ! Votre attitude n'est pas digne de votre rang et les risques que vous avez encouru juste pour impressionner cette demoiselle sont … 


Le Premier Prince répondit par un geste d'une main, cherchant à lui faire comprendre qu'il le congédiait. Hervé ne semblait même pas vouloir lui répondre. Mais l'homme ne se laissa pas impressionner. 


- Encore une fois vous adoptez une attitude indigne d'un Premier Prince des Deux Mondes ! Je suis dans l'obligation de rapporter votre attitude inconsidérée à votre père, notre bien aimé souverain ! 


- Faites le, si cela peut me permettre de passer un moment sans votre détestable et pesante présence !



Cette fois l'homme resta coi. Mais ses yeux semblaient de feu, il se détourna et s'éloigna de manière très énergique, tous ses gestes exposaient sa colère qui semblait toujours plus vive à chaque seconde qui passait. Tessa jeta un bref regard vers Hervé. Ce dernier serrait les poings avec force. Malgré tout, rien ne transparaissait sur son visage. Elle comprit à cet instant toute la lourdeur du fait d'être Premier Prince. Un sentiment de tristesse sans doute mêlé de pitié l'envahit à l'égard du jeune homme. En même cette situation lui rappela la sienne. Et pendant les secondes qui suivirent elle repensa avec nostalgie à cet instant qu'elle venait de vivre avec son ami et les Pégases. Et cette fois se fut de la gratitude qu'elle ressentit avec Hervé. Alors qu'elle se perdait de nouveau dans ses pensées, le Premier Prince avait donné l'ordre à quelques palefreniers de s'occuper des deux Pégases. Tessa ne revint à la réalité que lorsque Gemini approcha sa tête de la sienne, la jeune femme fut d'abord surprise puis elle posa délicatement son front sur le nez du Pégase et ferma les yeux tout en le caressant. Personne n'osa intervenir lors de ces adieux touchant entre la jeune femme et le Pégase. Avec une tendresse particulière, l'animal chassa quelques cheveux de Tessa qui se trouvaient devant les yeux de la jeune femme, le Pégase les remit en place. En même temps, un observateur avertit aurait remarqué que Gemini cherchait à transmettre une partie de sa propre force à Tessa. 


- Je te raccompagne, lui dit alors subitement Hervé, se sera mon dernier instant de tranquillité avant un long moment et je tiens à le partager avec toi. 


Surprise encore une fois et très touchée, Tessa ne trouva pas les mots pour lui répondre. Aussi se contenta-t-elle d'acquiescer de la tête. Ils empruntèrent un escalier fait de pierres blanches qui menait vers les terrasses où ils s'étaient retrouvés tout à l'heure. Aucun ne dit mot, ils marchèrent lentement comme pour essayer de prolonger vainement l'instant passé ensemble. Quand ils arrivèrent en haut de l'escalier, ils cessèrent leur marche. Ils étaient à la limite des terrasses et de l'escalier, on pouvait les voir mais non les entendre. 


- J'espère un jour revivre un pareil moment avec toi ma chère Tessa. Et se cela s'avère impossible, gardons et chérissons le souvenir de ces instants. 


Au moment de répondre, la jeune femme aperçut au loin son père qui se dirigeait vers eux. Elle se mordit la lèvre inférieure. 


Terminé, pensa-t-elle avec tristesse. Elle adressa un sourire las à Hervé. Dans les yeux du Premier Prince elle pouvait lire le même sentiment. 


- Merci.


Telle fut sa seule réponse. Tous deux s'avancèrent alors en direction de Théodore de Kokran. Une fois ensemble, le père de Tessa s'inclina avec respect devant le Premier Prince. 


- Altesse. 


- Seigneur Kokran. 


- On dirait que vôtre rendez-vous a duré plus longtemps que prévu père. Partons-nous chez nous ? 


- Encore un moment Tessa, je dois encore voir quelqu'un … 



La jeune fille garda le silence, elle savait que son père avait tendance à faire passer son travail avant tout, il en oubliait même assez souvent sans rang, ses titres et sa famille. En vérité elle ne savait que penser, le détester pour cela ou accepter l'homme qu'il était sans lui demander l'impossible ? Alors qu'elle réfléchissait un obscur conseiller s'avança au devant du seigneur Kokran qu'il salua d'une manière désinvolte. La jeune fille fut irritée de voir son père rendre le même type de salut au conseiller. Après tout cet homme qui avait surgi de nulle part n'était qu'un serviteur, comment pouvait-il se permettre d'ignorer les formes en vigueurs ? Et elle se remémora qu'elle-même ne supportait guère l'étiquette pesante de la noblesse qui empêchait de vivre pleinement sa vie. Et de nouveau elle se sentit perdue.  


- Seigneur Kokran, je suis bien aise de vous trouver enfin. 


- Mon bon ami, je vous prie de m'informer comme il se doit de cette affaire si particulière ! 



Le seigneur Kokran entraîna le conseiller quelque peu à l'écart, là où nul ne pouvait les entendre. D'ailleurs Tessa et Hervé ignorèrent tout de la discussion entre le seigneur Kokran et cet homme. La discussion ne dura que peu de temps et se fut un Kokran intrigué voir inquiet qui revint vers sa fille. Le père de Tessa et Hervé échangèrent un bien étrange regard et la jeune femme comprit que tous les deux devaient avoir connaissance d'une situation gravissime. Et vint l'instant tant redouté mais inéluctable, celui des adieux. Il se fit selon les formes. Et quand ils s'éloignèrent, Tessa n'osa pas se retourner pour jeter un dernier regard vers Hervé alors que ce dernier regardait la jeune femme s'éloigner encore et toujours. Quand elle disparut pour de bon de son champ de vision il ressentit comme un coup de poignard dans sa poitrine, là même où se trouvait son cœur. Il quitta alors les terrasses perdu de ses pensées et l'image de Tessa en tête.

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Orlare
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MessagePosté le: Sam 8 Mar - 17:17 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Tres bon ce deuxieme chapitre

Je trouve dans ce chapitre l'ecriture plus fluide qu'auparavant ce qui augmente le plaisir de la lecture.

J'attends la suite avec impatience
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Esus
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MessagePosté le: Sam 8 Mar - 17:34 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Orlare a écrit:
Tres bon ce deuxieme chapitre

Je trouve dans ce chapitre l'ecriture plus fluide qu'auparavant ce qui augmente le plaisir de la lecture.

J'attends la suite avec impatience


Merci mais par plus fluide tu entends quoi exactement? 
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MessagePosté le: Sam 8 Mar - 18:01 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Tes phrases sont plus courtes ce qui facilite la comprehension tout d'abord mais aussi la fluidite du style pour ainsi dire car.on sait ou on va et on se perd moins ce qui rend la lecture plus agreable moins lourdes qu'avec des phrases plus longues.

Je sais pas si ainsi c'est plus clair ou pas.
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MessagePosté le: Sam 8 Mar - 18:04 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Orlare a écrit:
Tes phrases sont plus courtes ce qui facilite la comprehension tout d'abord mais aussi la fluidite du style pour ainsi dire car.on sait ou on va et on se perd moins ce qui rend la lecture plus agreable moins lourdes qu'avec des phrases plus longues.

Je sais pas si ainsi c'est plus clair ou pas.


Très compréhensible au contraire. 


Le chapitre m'a demandé beaucoup de temps pour donner un effet de réalisme pour les scènes avec cheveux et surtout les Pégases. Heureusement que j'ai été aidé sinon jamais je n'aurais obtenu l'effet escompté. 
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MessagePosté le: Sam 8 Mar - 18:50 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

J'ai beaucoup aime ma balade avec Tessa et Gemini.

Je dirais qu'avec tes poemes c'est de toi ce que j'ai le plus aime
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MessagePosté le: Sam 8 Mar - 21:00 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Très bonne cette nouvelle histoire, tout y bien expliqué et détaillé. Vraiment pas mal  Wink
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MessagePosté le: Sam 8 Mar - 21:02 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Sisyphe du Sagittaire a écrit:
Très bonne cette nouvelle histoire, tout y bien expliqué et détaillé. Vraiment pas mal  Wink


Merci l'ami. 
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MessagePosté le: Mer 12 Mar - 23:06 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Là je viens enfin de lire le deuxième chapitre de notre ami Esus...

Là je te dis : Franchement Bravo !!! Respect !!! 
 (et sache que ce compliment vient d'un gars qui est difficilement impressionnable ^^' )

Là je suis d'accord avec Orlare, c'est ce que je préfère dans ce que tu nous as fait partager jusqu'à présent ! Okay
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MessagePosté le: Jeu 13 Mar - 06:48 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

Elramis a écrit:
Là je viens enfin de lire le deuxième chapitre de notre ami Esus... 
 
Là je te dis : Franchement Bravo !!! Respect !!! 
 (et sache que ce compliment vient d'un gars qui est difficilement impressionnable ^^' ) 
 
Là je suis d'accord avec Orlare, c'est ce que je préfère dans ce que tu nous as fait partager jusqu'à présent ! Okay  


Merci ô vénérable ancien (ainsi que pour le MP bien entendu). Comme j'expliquais à Orlare, cette histoire a déjà plus de 5 ans. Cependant quand je suis arrivé à 4/5 chapitres et 70/80 pages j'ai tout recommencé depuis le départ. Le prologue était à 75% inédit, le premier chapitre à 50% et le second à 30% on va dire. Donc moins il y a de copier/coller et plus il y a de transformation en profondeur et plus le résultat est de meilleure qualité.  

 
Toutefois je tiens encore à préciser que je suis aussi aidé par quelqu'un pour cette histoire et sans cette personne et des informations apportées dans un domaine dans lequel je ne connais fichtre rien, jamais ce chapitre n'aurait eu cette qualité.  

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MessagePosté le: Jeu 13 Mar - 09:12 (2014)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

J'avoue, j'aime bien. T'as jamais eu l'envie de devenir écrivain parce que tu es vraiment doué.
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MessagePosté le: Lun 5 Jan - 02:07 (2015)    Sujet du message: Le pays des île volantes. Répondre en citant

et celle-ci ?

... c'est encore celle que j'attends le plus Mr. Green
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 19:57 (2016)    Sujet du message: Le pays des île volantes.

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